Bertrand Gammes (1,2)

Publié le par Jean-Marie Tartane

Adieu Bertrand Gamess Première partie, 1/2
Ce mois-ci, Legendedubasket fait honneur à un grand coach méconnu du grand public comme beaucoup d’autres.
Cet homme a dévoué sa vie pour le bien du sport en général, et du basket-ball et d’une région en particulier.
Il s’agit de Bertrand Gamess qui est parti à l’age de 60 ans en janvier dernier.
Cette mini biographie n’a pas l’ambition d’égaler l’excellente écrite par Laurent Bracq pour le club de Saint-Quentin.(1)
En fait, je connaissais sans le savoir depuis les années 90’s, le visage de cet homme sans nom venu de l’Aisne, , où ses sourires réguliers du week-end, au Stade Pierre de Coubertin, avec sa chevelure déjà enneigée, m'illuminaient et me signaient sa gentillesse et sa fidélité à Paris et son basket-ball .
J’ai en fait tardivement mis un nom sur ce doux visage, ainsi appris simultanément l’existence nominative et le décès de Bertrand, en début d’année par l’excellente Gazette du Musée du Basket diffusée par son fondateur, l’ex-grand entraîneur-formateur de Charenton, Caen et Reims, Gérard Bosc, à qui d’ailleurs Legendedubasket consacrera sa rubrique de novembre prochain.
L’œuvre de Bertrand Gamess est longue et intense et s’étend sur plus de 35 années de sacrifices sur la vie strictement personnelle et qui a tout de même une importance pour tout homme vivant en métropole ou ailleurs. Ces actes de générosités qui caractérisent la vie de Bertrand, sont en fait une offrande perpétuelle au « global game », au basket-ball et tout ce qui tourne autour (clubs, jeunes, direction des clubs, sport et formation à l’école). Aussi je concentrerai mon propos de ce mois-ci , sur la première partie qui est en fait la moitié de sa vie, les années 60’s à 70’s. .

Né en terre de Madinina
Bertrand était né en 1945, en terre de basket, à la Martinique (Madinina), l’île de ma mère, de mes ancêtres, l’ île sœur de la Guadeloupe (Karukera),en terre de Caraibes, où le sport est bien plus qu’une activité divertissante. C’est une Religion.
Bertrand s’inscrivit dès que ses jambes pouvaient l’y mener, au célèbre club du Golden Star de Fort de France. Cette institution légendaire de la Martinique, avec le Golden Lion (Félix Courtinard….) et la Gauloise de la Trinité (Victor Boistol, …) , depuis, Bertrand en a vu des étoiles puisque personnes d’autres que Saint Ange Vebobe (le père de Luc Arthur du Racing Paris Basket), Georges Vestris et bien d’autres grands joueurs, y firent leur apprentissage avant d’être choisis par les plus historiques hommes et clubs formateurs de la métropole (Vichy, Tours, le SA Lyon..).
Bertrand, de sa tignasse bouclée très bientôt blanchissante comme les neiges du Kilimandjaro, choisira le professorat d’éducation physique, vocation finalement ordinaire pour tout antillais qui se respecte.
Prof de gym en France et de surcroît formateur en basket-ball, sport déjà ghettoisé, dans les années 60’s et 70’s, cela ne devait pas être du poulet boucané accompagné de riz au curry, arrosé de jus de corossol !
Eé ti mal, Bertrand, pa moli
Pour qui comme lui et tous les Autres, se sont battus dans l’ombre, pour pratiquer et ensuite faire aimer le Global Game, la Grosse Balle en terre d’Ovalie (rugby) et de ballon rond (football), à une époque où on ne parvenait même pas à faire une équipe de basket-ball, y compris dans certains grands lycées des grandes villes françaises, c’était les Travaux d’Hercule. Travaux heureusement insuffisamment décourageants néanmoins, pour faire renoncer le jeune et tenace Bertrand Gamess.

Vers les docks :
Ses débuts en métropole se feront comme un corsaire à la chasse au Savoir qu’il était, en débarquant avec la candeur de ses 18 ans, aux ports du CS Toulon, puis du grand club formateur du Bordeaux Etudiants Club. Le BEC est plus connu par les exploits de sa figure de proue Colette Besson, championne Olympique du 400 m plat à Mexico en 1968.
Comme Colette, récemment disparue de la même longue maladie, Bertrand, baignant dans cette eau saine comme la mer des Caraibes, faite de principes éthiques et de compétition, y obtiendra son diplôme de prof d’EPS et entamera son parcours initiatique, ses Humanités du basket-ball…
En région parisienne.
C’est au club mythique et dominateur des années 60’s, l’Alsace de Bagnolet, d’où on ne sort pas indemne d’une initiation, ni même d’un simple passage, que Bertrand entrera, s’il était nécessaire, davantage le virus du basket-ball, une de ces saines maladies dont on ne guérit pas, dans ses veines et son âme d’athlète de 1,83 m.

En 1971, époque où le basket français commença son sursaut international, en dépit comme aujourd’hui, d’une odieuse privation cathodique du service public, Bertrand est nommé prof d’EPS à Ham, ville du nord où il ne fera pas de « jambon », puisqu’il y continuera à travailler ardemment la qualité de ses cours de gym et de ses entraînements de basket-ball, bonifiés par son activité parallèle au sein d'un club.
Mais dans ce domaine, le meilleur sera à venir.

Motobécane :
En signant à l’AS Motobecane de Saint-Quentin, aujourd’hui malheureusement disparue, club dominateur légendaire des 60’s avec son capitaine, Bridoux que les Anciens (comme votre serviteur) connurent, Bertrand Gamess commença son entrée dans la vie et le destin du basket-ball de l’Aisne en général et du Saint Quentinois, en particulier.
Le futur SQBB sera sa terre d’accueil, sa 2e patrie, son Nirvana, son Graal et son Everest.
Hé ti boug la, pa molli…
La deuxième parie de sa vie sera consacrée à Saint-Quentin et au SQBB.
Ce sera l'objet du mois prochain.
A bientôt Bertrand, tu vois, on ne t'a pas oublié.


(1) La page consacrée à Bertrand Gamess par le SQBB, le club de son cœur, écrite par Laurent Bracq.
http://www.sqbb.org/s_05_06/Bertrand_Gamess.htm


(2)Gérard Bosc aura l’honneur de notre rubrique « Grands Coachs" en novembre prochain. Il a formé à l'INSEP,entre autres Philip Szanyel, Jean-Luc Deganis, Frédéric Hufnagel, Richard Dacoury, Damien Pastres etc…plus une floppée de grands joueurs des 70’s.

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Adieu Bertrand Gamess Première partie, 1/2 (suite)

Motobécane :
En signant à l’AS Motobecane de Saint-Quentin aujourd’hui malheureusement disparue, club dominateur légendaire des 60’s avec son capitaine, Bridoux que les Anciens (comme votre serviteur) connurent, Bertrand Gamess commença son entrée dans la vie et le destin du basket-ball de l’Aisne en général et du Saint Quentinois, en particulier.
Le futur SQBB sera sa terre d’accueil, sa 2e patrie, son Nirvana, son Graal et son Everest.
Hé, ti boug la, pa molli…
Quand je pense que Bertrand était en 1969, dans notre salle de Pantin du club de l’ASPTT Paris, quand Bridoux et sa bande nous battirent sans contestation, pour accéder enfin d’une manière certaine en 2e division. Finalement on n’est pas étonné car Bertrand avec sa réserve et sa modestie naturelles, se positionnait toujours derrière ses joueurs, oubliant ainsi de tirer la couverture sur lui, en dépit de résultats exceptionnels.
Signe des Grands Coachs.

En devenant entraîneur-joueur de l’ASM, qui évoluera donc en 2e division, à la fin des 60’s sous sa direction, Bertrand Gamess entre dans sa période cruciale d’approfondissement de son expérience de coach, à 28 ans seulement. Entre temps muté au lycée Henri Martin de Saint-Quentin, il amène ces post-adolescents au titre de champion de France scolaire, les autorisant par-là même, à rêver des Verts Pâturages, à un âge où on est d’avantage perturbé par d’autres préoccupations. Parmi eux, le meneur Patrice Tonnelet et l’ailier Jean Guy Pellis, qui officieront au SQBB, le futur grand club de Saint-Quentin, que Bertrand rejoindra très bientôt..
Profitant de l’éviction de l’US Cheminots de Saint-Quentin, le SQBB accède à l’excellence régionale, qui sera son piédestal pour l’accession vers les sommets.
Mais comment gagner et grimper les montagnes du basket-ball français d’hier et aujourd’hui, sans américains ?
C’est aux cotés de l’ambitieux président Jean-Claude Chrétien, que Bertrand trouvera en Belgique, le plat pays, (où les meilleurs américains, hormis l’Italie et l’Espagne, commencèrent en Europe des 60’s) , Henry Wright, son ailier-pivot qui fera voler le SQBB jusqu’au cimes de la division 3 et l’autorisera à rêver à un avenir suprême ..
Qui ne tardera pas à se dessiner.

Saint-Quentin, bonne terre de France car de félés du basket-ball :
C’est à Saint-Quentin, dans ce fief du basket-ball de la partie nord de la France que Bertrand s’épanouira comme une fleur rouge sur un flamboyant, ce fabuleux arbre de la Martinique, et y puisera son inspiration comme futur cadre du sport français, à l'image d' un colibri butinant son nectar, sa nourriture dans un jardin de Redoute,près de la vieille église de Balata, un des magnifiques quartiers de la banlieue de Fort de France, que Bertrand devait apprècier.
Plus tard, la thèse de doctorat d’état qu’il soutiendra en psychologie,le classe en tant que professeur agrégé (le plus haut niveau dans l’Education Nationale), désormais dans la catégorie des « grosses têtes du basket-ball, où malgré lui et son humilité, il est naturellement intronisé par la réception du diplôme de docteur d’état en psychologie de l'Université Jules Verne de Picardie.
Rien que ça…
Saint-Quentin et son public en or, que le président du grand club formateur de Sceaux, monsieur Dazet, m’a indiqué comme le meilleur et plus fidèle qu’il ai jamais vu et surtout entendu.
Bien placé pour parler de ce sujet délicat, lui qui voyait son équipe de baby-stars (Mustapha Sonko, Rémi Rippert,et Raphael Moustin …) jouer avec un budget famélique accordé avec parcimonie par une municipalité qui n’aimait pas le sport, dans une salle du clos Saint-Marcel, vide de public comme un mangeoire de rapaces affamés.
La migration souhaitée de Sceaux, le club de son cœur, vers les terres et surtout la salle de l’Aisne, ne se fera pas comme d’habitude, freinée par les Gens qui détestent le Global Game, parce qu’ils en ont jamais voulu rien comprendre.
Cette catégorie est aujourd’hui encore, malheureusement très nombreuse en terre de France.

Suite le mois prochain de la formidable vie dédiée au basket-ball et à Saint-Quentin de Bertrand Gamess, le Grand Coach de Madinina, qui nous a quitté en janvier dernier.
Salut
Jean-Marie

(3) Découvrez le thèse de Bertrand :"Les efets des relations interpersonnelles sur la personnalité du sujet sportif en équipe de sport collectif. Le cas du basketball" par Bertrand Gamess",
par ce lien du site des "gens de la Caraïbe". http://www.gensdelacaraibe.org/recherche/articles.php?id_story=37
ou en tapant sur Google "bertrand gamess" et cliquant sur le lien de "gens de la caraibe"

 

La page écrite par Laurent Bracq et consacrée à Bertrand par le SQBB, le club de son cœur.
http://www.sqbb.org/s_05_06/Bertrand_

 

Publié dans Grands Coachs

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gorez Eric 13/09/2011 19:23


J'ai eu l'honneur de connaître Bertrand games, j'étais jeune et mon papa jean marc gorez jouait avec l'as motobecane, j'ai ainsi fait de nombreux deplacement avec cette équipe...Mon papa est décédé
depuis et bertrand aussi, mais si sqbb existe, il faut dire merci a Bertrand...
Merci pour votre texte, il m'a ramené dans une partie de mon enfance..je me rappelle des frére dense, alain nicolas, bertrant, rené lagache,mais aussi de herzog dit nonoss et aussi de cette chanson
dans le car quand il gagnait "nous irons tous au paradis.. certain qui nous ont quittés y sont, j'en suis sur
Eric Gorez


Vincent 11/08/2011 15:01


Bonjour,
fervent lecteur de votre blog depuis quelques années, je me permets de vous demander la possibilité d'utiliser cet émouvant article à la mémoire de Mr Gamess sur le site web du Patrimoine du
Basketball Picard que je viens de créer.
Je ne manquerais pas de citer cette superbe source d'information Basket qu'est votre site !
Cordialement
Vincent Janssen


Gamess 18/07/2011 11:07


Merci concernant cet article concernant mon pére qui aurait apprécié votre verve. malheureusement je ne le découvre que maintenant.
Bonne continuation pour vos prochains articles