Branch Mc Cracken, le grand coach des Hoosiers d'Indiana

Publié le par Jean-Marie Tartane

 

Juillet 06 Branch Mc Cracken:
Où tu as mis le chocolat? (1/2)
La raison pour laquelle, je poursuis ma série avec Branch Mc Cracken se justifie à double titre. Il est l’un des meilleurs coachs du début de l’histoire du basketball américain puisqu'il vit le jour en 1908.
Il est aussi et surtout le coach des Hoosiers d'Indiana qu'il entrainera de 1938 à 1965; et c'est donc Branch Mc Cracken qui « formatera » mon premier modèle moral, sportif et intellectuel , Leroy Johnson (1), pour le faire devenir le grand joueur professionnel que nous connûmes au début des années 60's puis 70's, en France (Nantes, Charenton, Caen et Fraternelle d'Aulnay sous bois) où il termina sa carrière).
C'est la raison pour laquelle, je prendrai souvent l'aide du petit livre qui raconte la biographie de Leroy Johnson (Où tu as mis le chocolat?), écrit avec des témoignages exceptionnels sur la méthode et la personnalité de Branch Mc Cracken.



photo Hall of Fame

Les grands coachs (2):
Il suffit d'avoir connu intimement comme ce fut mon cas, en tant qu'adolescent durant cette période, pour comprendre l'impact énorme à mon avis au moins équivalent à celui d'un bon instituteur, qu'un Grand Coach que ce soit de football, basketball ou autre domaine, peut avoir sur un jeune homme de 18 ans.
Ecouter d'anciens grands footballeurs comme Eric Cantona, ou Jean-Marc Ferreri l'un et l'autre délaissés parce que ne bénéficiant pas d'un capital éducatif, social et relationnel nécessaires , témoigner de l'influence de ces Grands Educateurs (en l'occurence Guy Roux coach d'Auxerre), sur leur vie sportive et finalement sur leur destin , vous permet de comprendre comment des petits gars issus de milieux sociaux aussi divers qu'opposés, peuvent se retrouver aussi rapidement de la « cave au grenier », s'est à dire d'une condition d'adolescent précaire intellectuellement et financièrement à celle de joueur professionnel du sport, riche et reconnu .
Les effets de ces monstres sacrés qui existent encore, voire davantage à l'heure actuelle, étant données la financiaration et « marketisation » croissantes du Sport (3), s'étend de la rigueur dans les méthodes de préparation individuelle jusqu'au domaine aussi intime que la vie personnelle.
Mc Cracken, né en Indiana, terre de basketball:
Mc Cracken surnommé « Big Mac » était né à Monrovia dans l’Indiana, en 1908 et est décédé en 1970…l’année où j’ai connu LJ.
Il est l’un des plus grands coachs universitaires américains de la 1ere moitié du 20e siècle à parité avec Adolph Rupp (Kentucky), Phog Allen (Kansas), Howard Hobson (Oregon ), Phil Woolpert (San Francisco), Hank Iba (Oklahoma), et Peter Newell. (USF et USC) [2).
Il a réussi la double performance encore rare aujourd'hui, d'êre élu au Hall of Fame comme joueur alors qu'il a acquis parmi les spécialistes une image comme l'un des meilleurs entraineurs de l'histoire du basketball.
Il fut le premier coach champion universitaire dès 1940, soit dès la 2e année de véritable création de la NCAA qui decida de réunifier toutes les conférences régionales et de créer un tournoi final, ayant pour but de désigner un véritable championnat national universitaire américain dès 1939.
Mc Cracken reconquit son titre en 1953 de haute lutte à une époque où la NCAA prenait de plus en plus une tournure organisée, donc compétitive, à travers tous les Etats-Unis.

Sa vie:
Branch débuta ses études à l 'université d'Indiana (1926-1930), sous les ordres à l'époque d'Everett Dean (4)
C'est en effet comme joueur qu'il se fera une réputation avec les Hoosiers d'Indiana, donc de 1926 à 1930, il sera élu All America6 en 1930, dans cette terrible conférence Big 10 (7), greniers de grands joueurs américains de basketball,(8), qui était et demeure une des plus compétitives des USA.
La Big Ten a d'ailleurs fourni cette année 5 joueurs dans la Draft 2006.(9)
Elu au Hall of Fame d'Indiana depuis 1982, où il détiendra le records de points pendant une trentaine d'années avant de se voire détrôner par un de ses futurs joueurs (Bob Leonard).
Mais c'est comme déjà précisé en tant que coach que Mc Cracken se fera sa place dans la légende du basketball.  (ci-contre Mc Cracken, l'année de son premier titre NCAA)                                    
Coach:
Ses débuts en coaching se feront plus conséquents entre 1931 et 1938 au Ball State College où il établira tout de même un record de 93 victoires pour 41 défaites.
De retour en Indiana, il réintègrera le staff des Hoosiers, dès 1940, après l'intermède Everett Dean, il conquiera son premier titre en 1940 avec une brillante victoire en finale contre les Jayhawks de Kansas coachès par Phog Allen, le successeur de James Naismith, l'inventeur du basketball. Il quittera les Hoosiers pour servir dans l'armée américaine en 1943 durant la 2e guerre mondiale 10(come de nombreux joueurs et coachs américains).
Il battra à nouveau les Jayhawks pour l'obtention de son 2e titre en 1953.
Elu 2 fois coach de l'année en 1940 et 1953, il détient avec un total de 364 victoires contre 174 défaites soit un pourcentage exceptionnel de de 64,4 %, un ratio qui le situe parmi les meilleurs de tous les temps dans la catégorie des Grands Coachs. On ne sort pas indemne des mains d’un homme de cette envergure. Leroy non-plus. Big Mac, c’est l’homme aux 374 victoires pour 174 défaites en 24 ans de coaching et 2 titres NCAA
Branch intime
Sa veuve Mari-Jo , petite femme d’un autre age, est décédée en 2003 à plus de 90 ans.
Il n’avait qu’un fils David, (1934-2001) qui n’avait malheureusement ni les qualités ni la vocation de basketteur au grand dam de son père qui ne lui accordait donc que peu d’affection apparente. « Il était distant avec son fils » me déclara Leroy Johnson.

ci-contre Walt Bellamy, le coéquipier de Leroy Johnson, à Indianaalors pro à Chicago

C’est probablement le cas général des personnes géniales et puissantes qui constatent que leur seule progéniture ne peut, ni ne veut aller sur leurs traces.
La fusion père-fils ne se fera pas.. Tant mieux car comme cela, il n’aura pas comme disait Freud à « tuer le père »(5).

Par contre, David fut un très honorable coach qui prit, à la mort de son père,en 1970, la succession de son camp de basketball,le Hoosier Basketball Camp, lorsqu'il cessa complétement toutes ses activités en basketball.
"Branch était comme tous les grands coachs d’un naturel perfectionniste et autoritaire", me décrit Leroy en juillet 2005, lors d’un long entretien téléphonique.
Big Mac semble comme avoir tracé le chemin à Bobby Knight son successeur (5)
C’était un obsédé du travail, un travailleur acharné que l’on nomerait aujourd’hui « workalchoolic »[2], un homme qui arrivait à 8 heures du matin en temps normal et qui les soirs de défaites s’enfermait dans son bureau pour y passer la nuit à réfléchir et réfléchir encore…
Comment reprendre mes titres NCAA gagnés en 1940 et 1953 ?
On verra pus tard que sa personnalité comme celle de tous les faiseurs de stars, laissait peu la place aux compromissions notamment sur ce qui constituait ses principes intangibles : Discipline, écoute et…discrétion..
Ces derniers piliers des règles de Branch ne seront peut être pas assez respectés par Leroy…

Les entraînements de Branch :
Ils étaient quotidiens comme ceux de toutes les grosses équipes universitaires américaines d’hier ( Ohio State, Notre-Dame, Duke, UCLA,North Carolina..), et d’aujourd’hui (les mêmes).
Si on vous dit que ses entraînements étaient méticuleusement préparés et exécutés, on ne vous apprendra rien d’original : Pas de place donc à l’improvisation comme c'était le cas pour Marcel Béziers, le Grand Coach de l'ASPTT.
Son bureau n’était pas, comme on aurait pu le croire remplis de livres et revues divers : il travaillait d’instinct avec toute sa science du basketball accumulée dans son intellect, tout au long des 40 ans confondus, de pratiques comme joueur et de coaching.
« c’était un grand entraîneur » m’avoua Leroy.

Branch était-il raciste ? (1)
Pour LJ, il n’y a aucun doute que comme ses collègues Rupp et compagnie, Branch n’aimait pas trop le chocolat (les noirs)..
Ne pensaient-il pas comme Abdul Jabbar alias Lew Alindor que « pour ces bigots, je n’étais qu’un sale nègre[1] ».
Il ne nous faisait entrer sur le terrain le moins possible à domicile au contraire de l’extérieur.
La suite de la vie de Branch Mc Cracken dans le numéro d'aout 06
Salut
Jean-Marie

(1)Voire la biographie de Leroy Johnson et son site http://monsite.wanadoo.fr/leroyjohnson
et Ce fabuleux basket américain in op cité.
(2)Parmi ceux-ci Clair Bee, Al Mc Guire (Marquette), John Wooden (UCLA), Bobby Knight (Indiana), Coach K (Duke) etc...
(3)Voir sur Sport.fr:"Jordan et la pub: les sponsors des grands sportifs, exemple du basket avec Michael Jordan"ars 2004 à l'adresse suivante:"sport.fr/Basket/bas/35135.shtm".

(4)Everett Dean qui bientôt rejoindra Stanford et obtiendra le titre NCAA en 1942, faisant de Stanford, la première (et dernière) équipe d'Ivy League à gagner le titre national universitaire en basketball aux USA
(5)le célèbre Complexe d'Oedipe de Freud qui a peut-être frappé etJohn Thompson Jr, le coach actuel de Georgetown et Sydney Johnson, son assistant-coach.
(6) Voire livre de John Fenstein à la fin du récit.

Sources bibliographiques:
1- page 102 in"Ce fabuleux basket américain" de Jean-Jacques Maleval et Thierry Bretagne chez Calman Lévi (1972): cet excellent livre n'a pas pris une ride
2- 50 years of the Final Four par Billy Packer (10987) superbe livre d'histoire du basket NCAA, avec des photos inédites des années 40's à 80's.
Chez Taylor Publishing à Dallas Texas
(3) "A seaon on the brink" de John Feinstein,chez Simon et Schuster (1986) journaliste et ancien basketteur de Duke en ACC.
Livre primé aux USA ,raconte la vie de Bobby Knight,le coach tyrannique des Hoosiers, 2 fois champion NCAA.
Je finirai cette liste des ouvrages sur les vie et oeuvres des Grands Coachs, le mois prochain.
Photos avec l'aimable autorisation de Bradley Cook d'Indiana University, que je remercie de tout mon coeur.
Copyright Legendedubasket Juillet 06 tous droits réservés.

 

Ses ennemis intimes restaient les mêmes quelques soient les années: les grandes écuries des terres basses de l'Amérique du Middle West. Notamment Kansas à qui il fera plier les épaules par 2 fois en finales.
La quantité de travail qu'il imposait à ses joueurs n'était pas plus siupportable pour son corps qui lui aussi pliera à son tour
Il décèdera à 68 ans en 1970, comme si à l'instar de beaucoup de Grands, son existence biologique a pris fin à l'arrêt de sa carrière.. Il a une statue à l'Université d'Indiana située à Bloomingtonet est entré au Hall of Fame de l'Université et surtout de Springfield.
C'est le moindre hommage et témoignage de son incroyable existence et oeuvre que l'on pouvait lui rendre.
Salut Branch
Jean-Marie

Sites Internet
Celui de l'Université d'Indiana-Bloomington
http;//Naismith Hall of Fame
page sur Branch Mc Cracken
http://www.hoophall.com/halloffamers/McCrackenB.htm

Bibliographie:
Des livres de grands coachs américains ou autres nationalités:
Je continuerai la liste lors du prochain numéro de Legendedubasket
1: Howard A.Hobson (Oregon)
Basketball illustrated chez Barnres et cie (1948) soit (120 frfs) soit environ 20 euros
Sur la vie de grands coachs américains ou étragers:Le best seller américain qui raconte Bobby Knight en 1986, lors de spn titre NCAA avec Indiana
« A season on the brink » par John Feinstein chez Simon and Schuster USA (1987)
13 $, ISBN 0-671-688677-4
2. pour en savoir un peu sur Pedro Ferrandiz, l'homme d'Alicante et Grand Coach du Real de Madrid des années 60's et 70's, vainqueur d'une quinzaine de titres de champion d'Espagne et de 6 Euroligues
Un excellent livre rédigé en anglais par deux jeunes chercheurs qui m'a été offert par Mr Miguel Font responsable de la documentation du Real de Madrid).
Te quiero Espana en mi corazon por la vida
3.History of the European Cup (1958-2000) par Carlos Jimenez et Suzie Calvon Centro International de documentacion y investigacion del baloncesto.
Biblioteca Samaranch- Fundacion Pedro Ferandiz

Sources bibliographiques:
1-Ce fabuleux basket américain de Jean-Jacques Maleval et Thierry Bretagne chez calman Lévi (1972): cet excellent livre n'a pas pris une ride
2- 50 years of the Final Four par Billy Packer (10987) superbe livre d'histoire du basket NCAA,avec des photos inédites des années 40's à 80's.
Chez Taylor Publishing à Dallas Texas


Photos avec l'aimable autorisation de "Duke University"
Copyright legendedubasket Juin 2006 tous droits réservés.

 

Publié dans Grands Coachs

Commenter cet article