Pau Orthez story 1 sur 7 et 7 sur 7)

Publié le par Jean-Marie Tartane

 




Bibliographie :

L'excellent livre qui servit de support de mémoire de maîtrise d'histoire de Thierry Roux

« L'Elan béarnais : du patronage aux grands d'Europe », (1997) ISBN 2 911852-05-2

Editions Covedi : 2 avenue des marronniers 64000 PAU



Toutes les photos appartiennent au mensuel Basket News




Copyright Legendedubasket janvier 2006.

Pau Orthez story1 Un autre Univers de basket:
Petite histoire du baské-basketball de l'Elan Béarnais d'Orthez
Toquey si gauses (touches-y si tu l'oses )

Je suis en 1993, au stade Pierre de Coubertin à Paris. A cette époque là, le basket français était déjà largement encastré dans la tourmente financière où l'avait amené depuis 10 ans, la farouche concurrence européenne.
J'ai pris connaissance depuis quelques temps avec l'ascension des clubs français vers le top européen, notamment l'incontournable club de Limoges qui depuis 10 ans déjà, cumule stars, trophées nationaux et internationaux et bientôt déficit records.

Affamés:
Mais toute cette belle mécanique manque de charisme et de tendresse.
Ce besoin ressenti par tout spectateur et fan de basketball, est naturel et normal et il a besoin d'être comblé.
Soudain dans ce silence froid, meublé de spectateurs parisiens anonymes, itinérants et parfois même apatrides car ils ne sont « pas d'Ici » et ça se ressent, où les personnes sont plus à la recherche de sensations fortes telles que le show-business parisien doit leur procurer parce qu'ils paient, en ces rentables soirées de week end d'une des capitales du monde, les plus brillantes et achalandées d'animations, un bruit de clairon et de chants humains semblent s'infiltrer, à l'image d'un intrus non-désiré car non-habitué des lieus.
Ce qui est propre à cette salle parisienne qui manque d'âme, c'est qu'une heure avant le début d'un match qui doit opposer l'Elan Béarnais d'Orthez au Paris Saint Germain Basket, autrement dit ce qui à l'époque se faisait de mieux en la matière, on peut se trouver à une vingtaine de quidams exaspérant de solitude, à se regarder dans le blanc des yeux. C'est que l'on peut avant un match opposant les 2 premiers du championnat de France de basketball, entendre une mouche voler...jusqu'à l'arrivée éventuelle, grâce à la magie du hasard du calendrier, d'un club fourni et embelli par la vraie magie des vrais supporters se substituant ainsi à ces jeunes « encourageurs artificiels» importés en catastrophe, de la section football du PSG, aux crânes rasés et aux inquiétants bras tendus comme le demandait Mussolini, et qui donc, par conséquent comme le Canada Dry, ont un goût de supporters, une odeur de supporters, mais ne sont en aucun cas, des supporters de basketball..
Pauvre Paris et pauvres parisiens
Le séisme physique et émotionnel va se produire:

Nourris
Comme une « garbure » cette soupe chaude béarnaise avec son confit d'oie, en entrée de cette future soirée mémorable, c'est le groupe de tête des supporters de l'Elan Béarnais d'Orthez qui arrive.
Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des ouvriers, des agriculteurs, des employés, des cadres, et peut être même des directeurs, la société française y est représentée à l'image d'un kaléidoscope, comme statufiée par une éternelle joie de vivre dont le sourire est le signe de ralliement et la joie de vivre le moteur.
Et là, tout le vide décor « sonore » et affectif qui meublait difficilement l'espace de cette minuscule salle de basket, indigne pour une ville somme toute bourgeoise de 4 millions d'habitants, et de cette puissance financière, tout d'un coup va chambouler et se transformer.

On a le public que l’on mérite, à l’image des enfants et des parents. Les parisiens n’aiment pas le basket alors le basket n’aime pas les parisiens.

Mais soudain, nos cœurs qui jusqu'à présent souffraient de solitude et de morosité, au point de ne plus oser regarder leur voisin, tellement ils ont honte de se trouver là comme des martiens, peut être finalement par hasard de badauds égarés, vont s'ouvrir et s'éveiller aux rythmes des chants et fanfares.
Le Sud Ouest est là, cuit comme un magret de canard, rôti comme un poulet basquaise que Maité nous a confectionné , verni comme un pâté landais, ...salé comme un jambon acheté au marché couvert de la Moutète d'Orthez. Et tout cela en musique...
On va se régaler et se rappeler de cette soirée.
Chapeauté d'un large béret noir, comme le porte Gagnaire; le chef cuistot qui "n'est pas d'ici", le Vert, couleur de l'espérance en Orient comme en Occident, va désormais au début nous rendre daltonien, puis progressivement, nous envahir comme une toile de fond égayée de sonorités locales composées des chants, instruments et tout le reste, pour finalement nous pousser à rechercher sa présence à l'image d'un bateau égaré qui a besoin d'un point d'ancrage.

Je suis emballé comme une mijaurée dans les bras de Rudolf Valentino, ficelé comme le père Dodu. Je change inconsciemment de camp comme charmé par les atouts de la » belle verte » qui a réussi à me séduire, moi le parisien sans toit ni foi. Habitude de vie oblige.


Petit parisien basketteur ou pas, plus jamais tu ne seras seul désormais grâce à la compagnie des joyeux humains de la Pau-Orthez Limited .
Au moment où les joueurs les frères Gadou en tête, entreront sur le terrain, suivis par le géant roumain Muresan et ses 2.30m qui lui aussi pourtant venu d’ailleurs, et ça ne se ressent pas, sourit au public comme content d'être là, ce sera concert de fanfares et vivas qui prendront la place comme sur le banc des remplaçants, aux traditionnels cris de bestiaux repus tentant de compenser le manque de convictions, que l'on entend dans les salles parisiennes ordinairement « nourries ».

Mais par quelle magie, introuvable en ces terres lutéciennes, ce club de basketball septuagénaire et qui on le verra plus loin, a lutté pour se construire, bravant des courants contraires, qui reste unique en France dans son décorum, ses traditions si profondément ancrées et reflétées, dans le comportement de ses adorables supporters, arrive-t-il à traverser les années, sans perdre une once de sa spécificité, sa force, composée comme une recette magique, égayée de piment d'Espelette, de ferveur, joie, travail, esprit de corps et éthique du sport.
C'est ce que je vais tenter de vous raconter au cours de cette arrosée de Jurançon, petite histoire du basketball de l'Elan Béarnais d'Orthez, l'EB Orthez appelé aujourd'hui, l'Elan Béarnais de Pau Orthez.
Champion de France de nationale 2 en 1973, l'année de son accession à l'élite, puis vainqueur en 1984 de la coupe Korac, entrecoupé et suivi de plusieurs titres de champions de France, ce club indéniablement, fait partie du gratin des plus légendaires clubs français de basketball.
De Perpère, Larrouquis et Duquesnoy, en passant par Ortega, et les inénarrables intérieurs Bisseni et Henderson que de chemin parcouru!
Tout rôti, tout cuit:
Vont-ils gagner malgré toute cette ambiance qu'auparavant je n'avais jamais connue dans ces enceintes-arènes de basketball, que constituent désormais les stades de pro A?
Orthez va-t-il mettre, ainsi que le roi Henri IV enfant du Béarn, lui avait demandé le « PSG au pot « comme une poule nourrie au mais, sortie de son élevage,
Pas de quoi en faire un fromage (de brebis) de l'EBO?
Le PSG va-t-il être englouti comme un simple « pastis », ce gâteau à l'anis qui caresse les estomacs béarnais lors du dessert?
Toquey si gauses.
Aujourd'hui la salle a déménagé et la grande ville de Pau l'a emporté, amenant plus d'espace, car d'argent, mais nous l'espérons tous préservant ce supplément d'âme confit pendant des années en ces lieus.
Tous les chemins mènent à Rome, et ceux de Saint Jacques de Compostelle passent par Orthez, car jamais, les dieux du basket n'ont abandonné ce club et cette petite ville qui comptait au début des années 70's, moins de 30 000 habitants.
Mais finalement si comme le loup qui a mangé l'agneau, le Basket Business a durant les années 90's, finalement mangé la Moutète, lui a fait rendre les armes, mais pas son âme...
Et c'est tant mieux.
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Photos Basket News, L'Equipe Basket Magazine et site de Gérard Bouscarel avec son accord

 



 

 









































Pau-Orthez story

Toquey si gauses



1970-97 : les années de gloire

Nous sommes en septembre 1971 et le club de l’Elan Bearnais d’Orthez dirigé maintenant par le jeune assureur Pierre Seillant, a vécu son rêve jusqu’au bout : il est en 1ere division de basketball.

Ce club des campagnes accèdant à l’élite n’est pas à l’époque le seul dans l’hexagone, un club comme Challans (Vendée) qui dispose d’une population aussi restreinte qu’Orthez y évolue aussi.

Mais il disparaîtra rapidement corps et bien à la différence de l’EBO qui demeure en 1ere classe depuis …1973.soient 33 ans

Les fondations n’étaient en effet pas les mêmes.

Pierre Seillant, issu d’une souche de vieille famille orthezienne, est également un des plus anciens présidents dans les clubs professionnels français tous sports confondus, toujours au club à ce jour en tant que président d’honneur.

La Nationale 1 à cette époque est composée de 4 cadors qui sont les patros ou ex-patros suivants : l’AS Denain-Voltaire dirigée par Jacques Fiévé, l’ASVEL d’Alain Gilles coachée bientôt par André Buffière , l’Alsace de Bagnolet et enfin l’Olympique d’Antibes, club emblèmatique déjà champion de France en 1970 avec ses stars Jean-Claude Bonato, Jacques Cachemire et Henri Fields..

Dans la seconde catégorie, le « ventre mou » de la N1, peuvent être classés le SCM Le Mans, le Caen BC, la Chorale de Roanne, l’ASPO Tours, et l'AS Berck le petit qui deviendra grandenfin un peloton impressionnant d’équipes qui peuvent toutes descendre en 2e division, tellement leur effectif est réduit en taille et en joueurs de top-niveau : l'ABC Nantes, l’ESM Challans, et enfin l'AS Joeuf, une petite ville de Lorraine qui avait une beau mais insufisant pour se maintenir, duo d'américains dont Ben Mc Gilmer et surtout un rigoureux pivot de 2,03m venu de l'Utah, Bob Fisher qui sera un des grands futurs coachs de l'Elan des années 80's, ...l'aidant à caresser le ciel de la Coupe d'Europe..

C’est une année difficile pour l’Elan le transfuge de 2e division qui ne dispose pas d’un « banc » assez étoffé pour lutter à armes égales avec ses concurrents.

Duquesnoy, bientôt en équipe de France est un peu seul sous les paniers malgrè le renfort d'Abu Bakr et ses 2,03m, l'américain de service, et du bientôt indéracinable colosse franco-camerounais Mathieu Bisseni qui pourtant avait disputé les championats d'Afrique avec l'équipe de... Centrafrique.


Les périples de l'EBO en ces années épiques que furent les années 70's...au prochain numéro





Bibliographie complémentaire :

L’Equipe Basket Magazine du 12 octobre 1973 n°26

La revue Basketball numéro Hors Série de décembre 1991 : »100 ans de basketball »


Legendedubasket

http://monsite.wanadoo.fr/legendedubasket

Disponibles sur Internet

juil 04 La France et manque de géants en équipe nationale de basketball


LGDBK janvier 06 Pau-Orthez story  

1 Une Histoire du basket français T 1 p 16 par Gerard Basc opt. Cité

2 Beacoup de clubs de confessionnels catholiques, protestants et même juifs (AS Menora de Strasbourg, Maccabi, ) deviennent par le fil du temps « déconfessionalisés ».

3 Le RCM avec Staelens, Davis, Kovacic, Belda Pfendt , Bertorelle et le futur rugbyman Laroussine finira dernier de la poule et descendra à jamais en 2e division.

4 Avec ses 2 américains Rudy Bennett et Larry Robertson, la JAV surclassa ses adversaires en la saison 1969-70 seulement talonnés par le SCM Le Mans.

5 In Roux, op. Cité p123

Pau-Orthez story 7/7, La fin des années 80’s , premiers trophées :
 Nous sommes le 15 mars 1984 en finale de Korac et l‘Elan, entrainé par Bob Ficher (photo de droite en haut), ancien américain de l'AS Joeuf de l'année 1972,  dispute maintenant les premiers rôles du championnat de France de 1ère division. Avec l’ancien Bisséni (2,03m), Pat Burtey, le franco-américain (2,02m), Bankaly Kaba (1,98m), (1) l'homme à la mobylette Paul Henderson (2,03m), Freddy Hufnagel à la mène et le tout dernier joueur US recrut » John Mc Cullough estampillé NBA, Orthez a fière allure et montrera à la communauté de l’Europe qu’il a passé un cap en défiant le grand Etoile Rouge de Belgrade à Paris, chez le rat des villes lui le rat des champs, encore crotté qui faisait un peu sourire avec ses accents du sud-ouest et ses entournures empruntées aux belles manières de façon normative, moins sincères mais policées du basletb-business. L’avenir ne semble pas avoir été oublié avec la recrue des jeunes comme les deux frères Gadou du Vieux-Boucau et des autres frères Lapeche de Beaupuy
Surpassant son adversaire dominé par les 2,10m de son pivot international slave, le regretté Zizic (à droite sur la photo, au rebond (photo, disparu en  1999)), l'Elan fera face en le dominant nettement. L’Etoile Rouge devient ainsi le 3e club yougoslave à battre le fer contre les Verts après Cibona de Zagreb er les croates de Sibenik de leur baby star Drazen Petrovic qui bientôt ira en NBA.
Nous sommes maintenant loin de l’époque épique des années 70’s quant Orthez faisait de la corde raide entre amateurisme et professionnalisme. Maintenant conforté par des arrêts de jurisprudence (Fink, Riley), les joueurs notamment américains ont droit à des contrats de travail de fait et leur rémunération à livres ouverts, prend donc des dimensions sérieuses avec come modèle ce qui se pratique du coté de l’Italie ou de l’Espagne et bientôt de la Grèce, les nations qui grimpent au firmament du basket-ball aux coté de l’URSS, la Yougoslavie et les USA; EN bref, la France par ses clubs phares, l’ASVEL, Orthez et autres Le Mans, gagne en maturité et en sérieux…les résultats internationaux ne tarderont pas à arriver Ce 15 mars 1984 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de l’Elan qui cette année cravache encore du pour de pas quitter le peloton des meilleurs français . Dans 4 mois, ce sera au niveau international, l’heure de la grande confrontation olympique à Los Angeles pour laquelle la France s’est qualifiée en (bonne) compagnies de l’Espagne et l’Italie entre autres, ses bêtes noires
Ce grand spectacle en Mondiovision révèlera à Jean Luent,, l’ancien entraîneur emblématique de L’Elan, des années 70’s devenu coach national, l’énorme distance qui nous sépare du basket-ball américain, maitre-incontesté du monde…dont la future icône monidale Michael Jordan est des effectifs de cette formidable armada d’étudiants champions entraînés par Bobby Knight. La France quant à elle, ne gagnera aucun match et poussera la ridicule prestation jusqu’à perdre contre la Chine et l’Uruguay, terre de basket-ball…
Trans Korac express La victoire 93 à 67 est la plus nette de l’histoire de la Korac. Mais la moisson ce n’est pas terminée En 1986, c’est le premier titre de champion de France, tant rêvé du coté du Béarn. Portant les débuts furent difficiles avec 5 défaites sur 12 rencontres amenant Pierre Seillant à se séparer d’Harvey Knuckes, un autre 100% NBA engagé en début de saison.. (Photo de gauche en bas), Steve Schmitt, le premier américain de L'Elan en 1973 
Pour parvenir à cet objectif, il fallait enrôler un américain ce coup-ci qui permette de dégager partiellement les intérieurs de la tâche du marquage de points.
Comme déjà dit ce sera Howard Carter un des All America issu de Louisiana State, tout juste remercié pat les Dallas Mavericks pour des problèmes de Drogue…. Cette année 1986 démontrera la vérité du proverbe : :"un bon évènement ne vient jamais seul ». L’épopée européenne des Verts accompagnera cette excellente saison nationale ; La reception du champion sortant de l’Euroleague, le Tracer de Milan et sa star NBA, Biob Mc Adoo, même si elle se fera avec des gants et des bonnets sur les têtes, tellement il faisait froid à la Moutète, de Mc Adoo et Dino Meneghin, sera un événement qui fera se déplacer toute la communauté journalistique de France et de Navarre, qui en profitera pour découvrir ce petit bourg de 13 000 habitants que peu savaient placer sur la carte …..Correctement .
 Pierre Seillant, l’heureux président peut jubiler : il est parvenu a attirer l(‘attention européenne sur il fait bien partie des « derniers survivants de cette race de dinosaures, venus de la campagne pour défier la ville ». Mathieu Bisséni parti en retraite sportive après plus de 16 ans de fidélité au club, après celui de Larrouquis à l’ASVEL et la retraite de Pèrpère l’employé de banque du Crédit Agricole, en 1982, il ne reste plus personne du « Orthez historique ».dans cette ville du Béarn qui maintenant commence sérieusement à inquiéter autour d’elle. Devenu une « anomalie » (dixit le président du Tracer de Milan), dans le concert du basket européen, Pierre Seilant et ses joueurs ne s’attarde pas trop sur les disours des couloirs du basketball et continue à donner cops et vie à r son rêve : devenir un des grands d’Europe. Sources bibliographiques: Dixit
 une de ses déclaration. Pau Orthez story juin 06 (2) Epilogue: Le couple Pau Orthez et basket, aujourd’hui , est un peu à l’image des » vieux amants » de la chanson de Jacques Brel, :il a traversé des « orages ».les mouvances du professionnalisme ne sont pas parvenues à ébranler la foi des béarnais qui ont réussi à tenir les années qui jalonnèrent la formidable saga de ce grand club français.. maintenant paré de ses titres nationaux et européens. L’EBO doit maintenant élargir et renforcer ses assises notamment sportives, financières et organisationnelles pour ne pas être que le club d’une décennie , et pour véritablement s’inscrire dans la légende du basket français pour une période durable. Un peu comme les vieilles pierres de l'ancienne église d’Orthez du 17e siècle qui ont traversé les siècles de guerres et d’invasions, il s’agit de léguer à ses successeurs une institution qui par la qualité de ses fondatione et réalisations, montrera le chemin vers d’autres conquêtes. Ce sera un peu l’œuvre des années 90’s à laquelle s’attellera l’EBPO, l’Elan Béarnais de Pau Orthez, son désormais nouveau patronyme depuis sa fusion avec la ville de Pau.
L’apport de l’ Elan (photo de droite en 1973)au basket français réside évidemment dans sa philosophie basée sur la fidélité au club, une forme de respect vis à vis du management (coach, dirigeants) en corrélation avec les fondatrices valeurs paroissiales et de patronage, la solidarité entre les joueurs quelque soit leur cote au basket-office, enfin une forme de décontraction et de désintéressement avec ses bons cotés par rapport au matérialisme ambiant des clubs pros hexagonaux et étrangers. Les années 90’s seront à la fois riches d’enseignements sur cette évolution forcée sinon désirée a laquelle l’Elan était condamné : s’adapter ou mourir semblait être le terrible dilemme auquel devait se consacrer le club béarnais. Symboles : La description uniquement en termes de résultats des années 90’ ne sauraient résumer et encore moins symboliser la vie sportive, affective et conceptuelle de l’EBO. Dans les années 90’s c’est évidemment sur le terrain que se concrétisera ce changement dans es aspects opérationnels. Banc : Désormais c’est avec une dizaine de joueurs interchangeables que se déplacent les Verts. Coaching : Après la stabilité des années 70’s représentée par Jean-Luent,un ancien de Toulouse-Caramans 1956-57,coaché par Joe Jaunay (le coach actuel de l'équipe de France), puis la période du début des années 80’s, avec le fils de l’Oncle Sam, Bob Fischer ancien joueur de l’AS Joeuf, que se dirigera l’Elan vers les sommets européens., puis Michel Gomez, ancien joueur de Caen , tiendra les rênes du club après avoir amené les limougeauds vers 5 titres de champions de France et une coupe Korac . Avec Ortega, les frères Gadou, Jean-Luc Deganis, et Hufnagel qui quittera le club au début des années 90’s pour Levallois puis Rupella La Rochelle (pro B), tout ce beau monde croisé avec d’excellents américains qui ne feront pas oublier malheureusement , ceux des 80’s (Henderson et Carter), l’EBO disposera pendant ces années cruciales d’un effectif puissant et de qualité.
 C’est néanmoins avec l’arrivée du Géant Georghe Muresan, enfant de Cluj en Roumanie que l’Elan passera ce cap. Sous s haute taille et avec ses grands bras Gidza et ses 21 printemps, semblait embrasser (dans les deux sens du terme) le club de sa puissance et sa tendresse . Son sourire et son fair-play collaient bien avec les valeurs du club. Il y avait Gidza et les autres…. Salut et à la prochaine Jean-Marie Pau-Orthez story Copyright Legendedubasket avril 2006.
Tous droits réservés. Photos LBM avec leur aimable autorisation.

Ci-contre le regretté Léon Eugène de l'EBO en défense contre le joueur du Stade Clermontois,   Christian Brun en 1974
















1.« L'Elan Béarnais. Du patronage aux Grands d'Europe » excellent livre de Thierry Roux aux Editions Covedi 2 avenue des Marronneirs 64000 PAU 2. L'Equipe Basket Magazine de 1970 à 1977
 Copyright Legendedubasket juin 2006 Tous droits réservés
Photos L'Equipe Basket Magazine et Basket News. Avec leur aimable autorisation.  (1) Paul Henderson venait en effet, aux matchs en mobylette. Ce qui détonne avec les limousines, grosses motos et autres voitures de sport dans lesquelles se déplacent les autres joueurs. (
2) Zizic (1955-2000) était un grand joueur, j’en profite pour lui rendre l’hommage qui lui est dû.
 Voire article de Jean-Marie Tartane »septembre 2004 » La NBA et la drogue » sur Sport.fr

 

Pau Orthez story 2e partie

Toquey si gauses


Le « baské » un sport qui sied au Sud-Ouest :

Le basket a pénétré la France en 1908, par l’Est et surtout le Nord, à Paris via respectivement les Foyers les patros catholiques (de l’église Saint Laurent) 1 ; Orthez en particulier ne fera pas exception.

D’abord considéré avec suspicion (rassurez-vous en région parisienne aussi…) par les régionaux en raison du caractère soft du jeu sanctionnant les obstructions et même les contacts, le « baské » fit son petit bonhomme de chemin pour devenir au fil des ans, une véritable sport populaire qui de plus peut se joueur en plein-air.

Il est d’ailleurs paradoxal que c’est dans la région où il est apparu le plus tard, que le basket enregistre les meilleurs et plus régulières entrées de spectateurs.

Maintenant, nous sommes en 1931, et les Yankees ont réussi à faire pénétrer leur sport et trésor national via les Landes dans la région du ballon ovale et du poulet basquaise.

Souvent, du côté de Paris, nous les béotiens nous demandons souvent à la vue de l’atmosphère formidable qui règne dans nos salles du Nord, lors de la venue des « petits hommes verts » et de leur banda peuplée de clairons, tambours et trompettes.

En fait dans l’article Sud-Ouest de janvier qui analysait le terreau sportif béarnais, nous avons vu que les Gens de cette région étaient très sensibles au caractère festif et ludiques des activités sportives et culturelles.

Et ils ont raison.

L’une des forces du basketball est de provoquer un intérêt permanent et ludique de par l’obligation de marquer des paniers pour gagner, jeu d’adresse et de force par excellence.

Or ces deux attributs du basketball se retrouvent dans l’esprit et la pratique des sports nationaux béarnais de fronton, en particulier et du Sud-Ouest en général :la pelote basque, la chistera, jeu à 13, et rugby (drop, et transformation des essais).

A la différence du football, où l’intérêt peut baisser, du fait quelquefois de la rareté (ou de l’absence) de buts , le basketball comme les jeux basques et béarnais, met le public en alerte permanente.

C’est probablement la recette commune qui attire la population sportive et le public de cette région.

Qui ne se souvient pas des vivas de la Moutete traduisant les ambiances torrides et semblables à celle des frontons enflammés de Saint-Jean Pied de Port, lorsque hier durant les années 70’s ?. Larrouquis et sa bande ou aujourd’hui Fautoux et consorts, totalisaient les paniers .

André Daverat :

André Daverat, maire d’Orthez jusqu’en 1944, et président de l’Elan de 1935 à 1944, sera le relais, le pôle municipale de l’activité de basketball de l’Elan Béarnais. En dépit de ses opinion pétainistes, cet avocat n’a jamais trop compromis «l’âme d la ville » et surtout de l’Elan, au profit des occupants nazi. Et c’est déjà pas si mal… !

Après bien des vicissitudes, notamment son éviction par ses adversaires politiques, finalement André Daverat lèguera à ses successeurs un club très actif avec des cotisants et membres actifs en hausse régulière, dans un club, par un phénomène naturel, très bientôt  déconfessionnalisés.2 Et même indépendant.




« Place au baské »

Le départ du clergé de l’Elan Béarnais (abbé Ugartemendia) se fera d’une façon heureusement progressive, témoin d’un signe d’ouverture vis à vis de la société civile davantage représentée au laïc club de l’US Orthez, d’où provient d’ailleurs Alain Larrouquis (73 sélections en Equipe de France A), l’excellent meneur des années 70’s qui quittera l’EBO pour aller à l’aussi verte ASVEL à la fin des années 80’s.

Relance par l’intérieur :

Plutôt en retrait, le basket connaîtra un renouveau en 1956 grâce à René Lainé, stimulant par là même le derby local USO-EBO.

L’USO a un jeu plus spontané animé par des joueurs plus nombreux et plus jeunes, alors que l’Elan (Lainé, Labourdette, Mazerolles…) laisse davantage la place à la tactique et aux actions organisées.

En 1961, l’Elan bénéficie de renforts de qualité avec l’arrivée de Clays et des deux frère Page, René et Roger, re retour au bercail en provenance de l’Etoile Amoloise.
René Page (1,80m-1943), le barbu, membre d‘une famille au club depuis ses débuts sera d’ailleurs de la remontée en 1973 dans l’équipe , coachée par Jean Luent, après une année de purgatoire en Nationale 2 où elle sera tout de même demi-finaliste..

Cette belle équipe de 1961 gagnera de haute lutte sa place en excellence départementale au coté du grand club omnisports basque l’Aviron Bayonnais.

Les choses sérieuses commencent à Orthez, le « baské » prend ses marques.


Premiers exploits :

Montant un à un les échelons pour se retrouver en 1963-64, avec son premier trophée de champion d’Honneur d’Aquitaine puis finaliste de la Coupe de France des patronages à Neuilly (probablement dans la salle de la AS Saint Pierre de Neuilly), devant le C O St Brieux.

Tout delà sera arrosé comme il se doit au Café Le Club d’Orthez, siège emblèmatique du club..

Dans cette équipe, outre les déjà cités, Page, un fidèle qui sera de la première aventure de la montée parmi l’élite en 1971-72 : Henri Manoux (1,80m-1938).

Après la retraite des anciens, restera Manoux, assisté de Clays, Mont et les frères Page pour entendre raison aux adversaires qui montrent de plus en plus les dents en pays de Chalosse où le basket est déjà une religion : les déjà-célèbres Cadets de Chalosse, Gaujacq (où ça castagne) et Arsagues.

Bientôt ce sera la montée en Nationale 3 (La Fédérale), où l’Elan jouera les premiers rôles derrière les gros bras de l’US Bleuts d’Agen (club formateur qui fut champion de France junior en 1966 avec Robert Zuttion), l’UA Cognac et les Coquelicots de Lezat qui barreront la route de la 2e division en 1966-67 puis 1967-68, à la bande à Manoux.

Tous ces noms ont des sonorités poétiques mais il faut croire que la lutte était terrible sous les paniers.

Approche vers le Nirvana :

Renforcé par des jeunes immigrés de l’USO notamment Bernard Lamarque(1,88m-47) international junior, il faudra attendre 1969-70 pour voir l’Elan s’approcher du Paradis :la Nationale 2. A cette époque elle était véritablement l’anti-chambre de l’élite avec de nombreux anciens internationaux ou des jeunes espoirs de grande valeur.

Grâce à ses victoires sur les clubs de la ville rose c a d Toulouse qui disposait déjà en 1969-70 d’une équipe parmi l’élite avec le RCM3  : l’Espérance (ASEA) et le TOAC, l’Elan Béarnais fait enfin son entrée dans la cour des grands.

Le combatif et rapide René Page, Bel épaulé a pivot par le solide Manoux permettront à l’Elan de remporter enfin la Coupe ders Patros dans la salle de l’Alsace de Bagnolet, la fameuse salle rue Francisco Ferrer qui existe toujours d’ailleurs)

L’Alsace de Bagnolet, autre patro catholique de légende bardé d’internationaux, et créé par une mission alsacienne au début du siècle, était à l’époque un cador de la Nationale 1 dont elle fut champion de France notamment en 1966.

Très bientôt « l’Alsace » coachée par Max Dorigo, sera un adversaire coriace de l’Elan lorsqu’il accédera en Nationale 1 en 1970-71…

Mais pour le moment, nous ne sommes qu’en 1970 et l4elan a les dents qui rayent le parquet, excité par sa montée vers l’élite…

Ce titre remporté en finale devant les bleus de l’A J Auxerre sera le second galon de taille, gagné par l’EBO au niveau hexagonal.

Ferveur béarnaise :

L’appétit vient en mangeant et l’amour des clubs en gagnant des matchs. Fatalement le public et la population d’Orthez tombera en affection avec les basketteurs de la Moutête : cette salle de marché couvert qui le lendemain des matchs se transforme en son activité originelle : le commerce des volailles et des canards en particuliers.

Coin, Coin…

La Moutête sera désormais parmi les clubs de l’élite, l’un des points de différenciation et d’affection du public hexagonal de l’Elan Béarnais, ce club des campagnes où le basket est entrain de devenir un culte.

La notoriété grandissante du basket à Orthez prit son envol lors de la venue des Harlem Globe Trotters, la troupe d’Abe Saperstein, qui fut invitée au Pesqué.

Les clowns qui étaient de véritables grands joueurs prirent le cœur des ortheziens avec leurs pitreries si bien réglées et exécutées : Hubie Ausbie, Meadolark Lemon et surtout le petit dribbleur Marques Haynes laissèrent des traces durant des années en Béarn.

L’organisation de matchs de propagande notamment la venue de l’équipe de France Militaire en 1966, ou de la J A Vichy en 1970, finaliste de la Coupe des Coupes, alors équipe dominante en France4 provoqua un déclic certain vis à vis de ce sport qui parvenait à drainer 1 000 à 1 500 personnes régulièrement à La Moutète.5


Et les jeunes ?

Tôt ou tard, le problème se serait posé :l’Elan de par son origine confessionnelle donc restreinte dans ses choix de jeunes recrues, manquait cruellement de joueurs dans les catégories inférieures, minimes, cadets et juniors. A la différence du club laïc l’USO qui lui était pourvu en forces vives. Par ailleurs en 1970, tancés par la FFBB qui contraint les clubs de l’élite de se doter de sections jeunes, les dirigeants de l’EBO se virent contraints de penser au recrutement. L’idée d’une alliance avec l’USO survint vite découragée par le refus des dirigeants du club USO déjà contrariés par la permanente saignée de jeunes espoirs à laquelle l’EBO la soumettait depuis bien des années Evidemment les oppositions politiques firent le reste.

Exit la fusion .


Géants :

A cette époque le basket français manquait cruellement de pivots, la vitesse sera donc l’atout des équipes de haut-niveau . Il faudra attendre la venue du premier géant du Béarn et de l’équipe de France en 1971-72, né en 1948 et mesurant 2,12m il s’appelle Roger Duquesnoy,. En provenance du rugby de Cognac via l’Avant-Garde de Thumeries, leader de Fédérale, (que votre serviteur eut l’honneur de voire jouer à Pantin) il sera le premier grand avant lère Michel Gomez et l’arrivée du roumain de Cluj, Georghe Muresan âgé de seulement 22 ans et haut de ses 2,30m, en 1992.

Celui-ci laissera d’ailleurs la place l’année suivante, suite à son départ aux Washington Bullets de NBA à son compatriote Constantin Popa (2,18m 1971) qui ne restera aussi qu’une année en Béarn sans laisse autant de souvenirs impérissables comme ceux de Muresan qui aidera l’Elan des frères Gadoux à terminer en tête du championnat derrière l’inaccessible CSP Limoges du serbe Bozidar Maljkovic.



Pau-Orthez story

Toquey si gauses

1970-97 : les années de gloire

Nous sommes en septembre 1971 et le club de l’Elan Bearnais d’Orthez dirigé maintenant par le jeune assureur Pierre Seillant, a vécu son rêve jusqu’au bout : il est en 1ere division de basketball.

Ce club des campagnes d’une ville de 11 000 habitants, accèdant à l’élite des gros bras et grandes métreopoles (Paris, Lyon, Strasbourg…) n’est pas à l’époque le seul dans l’hexagone, un club comme Challans (Vendée) qui dispose d’une population aussi restreinte qu’Orthez y évolue aussi.

Mais il disparaîtra rapidement corps et bien à la différence de l’EBO qui demeure en 1ere classe depuis …1973.soient 33 ans

Les fondations n’étaient en effet pas les mêmes.

Pierre Seillant, issu d’une souche de vieille famille orthezienne, est également un des plus anciens présidents dans les clubs professionnels français tous sports confondus, toujours au club à ce jour en tant que président d’honneur.

La Nationale 1 à cette époque est composée de 4 cadors qui sont les patros ou ex-patros suivants : l’AS Denain-Voltaire dirigée par Jacques Fiévé, l’ASVEL d’Alain Gilles coachée bientôt par André Buffière , l’Alsace de Bagnolet et enfin le vieux club de l’Olympique d’Antibes.

Dans la seconde catégorie, le « ventre mou » de la N1, peuvent être classés le SCM Le Mans, le Caen BC, la Chorale de Roanne, l’ASPO Tours et la JAV qui a perdu ses stars américaines, enfin un peloton impressionnant d’équipes qui peuvent toutes descendre en 2e division, tellement leur effectif est réduit en taille et en joueurs de top-niveau : le Racing, l’ESM Challans, et enfin le SLUC de Nancy.

C’est une année difficile pour l’Elan le transfuge de 2e division qui ne dispose pas d’un « banc » assez étoffé pour lutter à armes égales avec ses concurrents.

Mais la hargne et la fougue des béarnais compensera on le verra, les carences en tailles et expérience.




Bibliographie complémentaire :

L’Equipe Basket Magazine du 12 octobre 1973 n°26

La revue Basketball numéro Hors Série de décembre 1991 : »100 ans de basketball »


Legendedubasket

http://monsite.wanadoo.fr/legendedubasket

Disponibles sur Internet

juil 04 La France et manque de géants en équipe nationale de basketball


LGDBK janvier 06 Pau-Orthez story  

1 Une Histoire du basket français T 1 p 16 par Gerard Basc opt. Cité

2 Beacoup de clubs de confessionnels catholiques, protestants et même juifs (AS Menora de Strasbourg, Maccabi, ) deviennent par le fil du temps « déconfessionalisés ».

3 Le RCM avec Staelens, Davis, Kovacic, Belda Pfendt , Bertorelle et le futur rugbyman Laroussine finira dernier de la poule et descendra à jamais en 2e division.

4 Avec ses 2 américains Rudy Bennett et Larry Robertson, la JAV surclassa ses adversaires en la saison 1969-70 seulement talonnés par le SCM Le Mans.

5 In Roux, op. Cité p123



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