Duke story (1et dernière partie)

Publié le par Jean-Marie Tartane

 

Duke Juin 2006
Le monde de Duke

Duke à Durham
Pour qui cotôye le monde du basket ball depuis déjà quelques années, le nom de Duke ne peut laisser dans l'indifférence.
Une certaine idée de l'éducation:
Duke University université privée dont la devise sans équivoque est Connaissance et Religion (Knowledge and religion) a été fondée sur le site aujourd'hui étendu à 38 km2, de la Brown University , membre de la vénérée Ivy League (1), et temple de la upper-class américaine, en 1924 suite aux dons de Mme Duke la riche héritière de l'empereur du tabac Washington Duke (1820-1905) décédée (paraît-il folle)sans enfants et qui légua sa fortune à l'Université où elle fit ses études. Aux Etats-Unis, c’est dans le Massachusetts que furent érigées les premières universités 1701 pour Yale, 1746 pour Princeton et 1754 pour Columbia. La simple raison est que c’est dans cet état que se situaient les pouvoirs politiques, culturels et financiers
La Caroline du Nord, état de l’intérieur de la frontière Jim Crow (1), donc arriéré de la campagne a toujours été considérée avec distance par ces messieurs patriciens des grandes métropoles du nord-est et de la cote-est(Philadelphie, New York, Washington etc…). Duke malgré tous ses efforts financiers, médiatiques et autres, de respectabilité doit probablement en souffrir, c’est la raison pour laquelle Duke redouble d’excès en tous genres dans la voie du snobisme…un peu comme certaines grandes villes de province française qui inconsciemment aimeraient bien avoir un goût de Parisianisme mais… ne sont pas Paris (avec ses avantages et ses inconvénients).

Un Mayflower bien dirigé : :
Son président s'appelle Richard Brodhead, 47 ans est lui même un pur produit de l'Ivy League puisqu'il est diplômé de Yale où il a soutenu un Ph.. D (doctorat) en droit en 1972.
L'architecture gothique des bâtiments du navire, situés dans cette ville de Durham de 187 000 habitants dont le maire Bill Bell est lui-même un ingénieur en électronique , enfant issu de la bourgeoisie noire et diplômé comme tel de l'Université Howard (Atlanta) et de la New York University , laisse rêveur et admiratif, tant il imprègne l'institution d'une respectabilité et d'un séreux académiques.
C'est vrai que l'analyse des parcours scolaires et encore quelque peu des origines sociales des étudiants -basketteurs qui peuplent la toujours belle équipe des Blue Devils laisse quelquefois pantois devant le fréquemment haut niveau intellectuel des disciples qui la peuplent:Grant Hill, Bobby Hurley (Sacramento Kings) et Danny Ferry (Cleveland Cavaliers) étaient loin d'être des ahuris;;
Le dernier né du cru 2006 s'appelle J J Reddick et vient d'être drafté en bonne position au premier tour par les Orlando Magic.
« Trop propre sur lui, trop parfait » disent de lui ses détracteurs...
A Duke pullulent des élèves dotés de très honorables bourses Fullbright (22) ou Rhodes (40) et un taux de grosses têtes proche de la densité de l'hélium.
Cela provient tout simplement du fait que la sélection des élèves dans cette institution classée 5e au niveau académique dans tous les Etats-Unis , avec un point fort en médecine, commerce et droit, que ce soit pour intégrer le programme sportif de coach K ou pour simplement postuler comme simple étudiant dans cette faculté de plusieurs milliers d'étudiants n'est pas à la portée de tout le monde et de toutes les bourses (44 000 dollars).
Or comme dans la dure loi des séries, il y aura fatalement peu de minorités dans un effectif soumis à forte sélection surtout si le critère discriminant est double :à la fois sportif et intellectuel..
Duke à Durham, c'est avant tout un monde à part, fait d'une grosse cuillerée de middle ou plutôt upper-class nord-américaine dans un fond de sauce liante de principes patriciens axés sur la morale bien pensante de la société WASP.
WASP, White anglo saxon protestant, le maître-mot est lancé.
C'est vrai que pendant longtemps, et encore aujourd'hui, Duke a été caractérisée par une composition d'équipe essentiellement à peau blanche assortie d'un coach à la même couleur.
Il fallu attendre les années 83's pour avoir une premier joueur de couleur dans l'effectif de l'équipe. Cela correspond d'ailleurs au premier titre de champion NCAA (hasard?) qu'a connue l'équipe de Caroline du nord.
Son nom?: Johnny Dawkins star universitaire.
Par conséquent dans ces conditions-là, il n'est pas étonnant de trouver dans cette faculté des basketteurs essentiellement issus de familles de la petite ou grande bourgeoisie blanche aisée et cultivée.
Comme à toute loi, il y a des exceptions: il apparut au cours de l'année 1992 quelques joueurs outre Dawkins issus de la communauté noire, le premier fut Grant Hill, aujourd'hui aux Orlando Magic après un passage remarqué aux Detroit Pistons
Son père Calvin Hill fut une vedette du football américain (NFL) des 70's allait chercher son fils en Porshe à l’école, et sa mère docteur en droit fut surnommée « le Général » (2), tellement elle faisait peur par sa sévérité, aux copains de Grant qui venaient taper à la porte pour le sortir de ses livres. Mme Hill alla à l'école avec Hillary Rhodam Clinton, l'épouse du président des Etats-Unis.
La fin des 60’s et les années 70’s
La fin des 60’s comme dit précédemment a vu Duke après sa finale en 1964, encore une fois se présenter devant le suffrage des Dieux du basketball qui s’il n’est pas universel n’en délivre as moins la vérité du basketball. En 1966 les cloches de la chapelle du Trinity College sonnent à nouveau :les blues Devils sont encore une fois en demi-finale contre cette fois-ci l’intrépide équipe d’Adoplh Rupp dit le baron « les Wild cats de Kentucky. Ce match est annoncé par les spécialistes comme la finale avant la lettre.
La défense 1-3-1 de Rupp l’emporte sur Duke par 83 à 79 et convainc Vic Bubas (27 ans), si nécessaire que très peu le sépare du meilleur en ce qui concerne le basket-ball universitaire . En finale devant Texas El Paso (UTEP), une équipe presque entièrement All Black , Rupp (65 ans) « qui n’aimait pas le chocolat » s’inclinera 72 à 65 après avoir été mené la majeur partie du temps.
Mais en 1965, un morceau de choix «pîtait » à l’hameçon comme disent nos pécheurs du coté de la Garonne. Et comme l’exige le règlement de la NCAA, une année de pénitence (freshman) est aoligatoire avant de disputer des matchs avec l a grande équipe (Varsity)…Or il s’avère que 1967 est l’année où ce joueur se trouvera libre de se présenter devant l’aune du panier :son nom Lew Alcindor, sa taille 2,18m son titre :meilleur joueur de collèges et de lycées d’Amérique.
Lew va installer davantage s’il était nécessaire l’UCLA dans une domination décennale en leur permettant de gagner 7 titres consécutifs
Les années 70’s
Les années 70’s peuvent être résumées en deux périodes : la première 1970-1975 fut celle de la domination sans partage de l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) championne depuis 1964 (sauf 1966 et 1974), dirigée par John Wooden, le magicien de Westwood, sur les autres universités. La seconde assimilable à un marché plus concurrencé où émergent les nouveaux champions nationaux :North Carolina State coaché par Norm Sloan1974) devant Marquette, Indiana Hoosiers et Bobby Knight son bouillant coach (1976) devant Michigan, Marquette (1977) et son mentor Al Mc Guire,. Kentucky Wildcats mené par Joe Hall, le successeur d’Adolph Rupp, enfin 1979 avec Michigan State et sa star interplanétaire Magic Johnson drivée par le brave Jude Heathcote devant Indiana State et son joyau Larry Bird
Le mois dernier je vous avais dit que Duke avait petit à petit pris des « parts de marché « dans l'appétissant gâteau des meilleures facs de basket-ball américaines, cela après des sérieux positionnements en 1964 en finale contre UCLA, puis des performances aux derniers tours du tournoi
Nous avons vu le mois dernier les péripéties des Blue Devils durant les 4 premières décennies de leur existence qui s’étend jusqu’aux années 70’s. A partir de cette période Duke auréolé de sa finale (perdue) en 1964,commença vraiment à compter dans le groupe de tête des grandes facs américaines de basket-ball.

(1) Yale, Harvard, Princeton, Columbia, Cornell...)
(2) Celle qui sépare les états de l’Union (anti-ségrégationnistes)de ceux de la Confédération (pro-maintien de l’esclavage)
(3) Dixit Grant Hill lors d’un interview


Photos Duke University que je remercie de tout mon coeur.

 

******************************************************************************************************************************************************Duke Juin 2006 2e partie Reprise à la fin des années 70’s Après une relative rupture de 8 années, les Blues Devils réaparurent pendant la saison 1977-78 avec des joueurs qui n’étaient pas majoritairement seniors. Ce cru fut un des meilleurs de Duke depuis les années Mullins et Verga. Duke est encore une fois « chocolat » Avec Gene Banks (22 points), Mike Gminski,(20 ponts) et Jim Spanarkel (21 points), la raquette était parée d’éléments aptes à poser des problèmes insurmontables aux meilleurs des conférences…sauf Kentucky qui l’emporta en finale par 94 à 88, reconquerrant par là-même son titre de 1949 glané avec les Fabulous Five et Adoplh Rupp. C’est la 2e finale perdue par Duke depuis 1964. Les Wildcats de Joe Hall avaient trouvé un dispositif pour faire reposer le score sur 2 joueurs clés : l’arrière Jack « Goose » Givens (1,94m) qui devenait ainsi le premier noir des Wildcats à connaître le feu de la rampe après Tom Payne en 1971…, et le pivot Rick Robey (2,11m) qui attendait son heure derrière les caméras qui diffusaient cet évènement à travers tout ce qui portait écran aux USA, comme d’habitude devant une salle comble de. 18.721 spectateurs Les 2 piliers de Kentucky marqueront respectivement 41 et 20 points sur un total de 94 points, laissant aux 4 autres joueurs du banc (dont Kyle Macy) se répartir la trentaine de points restant. Gene Banks (2,01m) fera une carrière moyenne en NBA aux Spurs de San Anntonio (1982-85) puis aux Bulls avec Mike Jordan. Mike Gminski (2,11m) servira quant à lui 13 ans dans la grande ligue, avec des débuts aux Nets de New Jersey (8ans), Philadelphie et Charlotte. Enfin Jim Spanarkel (1,95m) après avoir été drafté par Philadelphie en 1979 fera 4 ans aux Dallas Mavericks (1981-84) coaché par Dick Motta , l’ancien entraîneur des Bulls des années 70’s, après y avoir été meilleur marqueur la première année . Son premier titre de champion des Etats-Unis, Duke de Coach K, devra attendre encore quelques années pour pouvoir le serrer contre son coeur. C'est ce que je vous raconterai le mois de Juillet prochain Sources bibliographiques: 1-Ce fabuleux basket américain de Jean-Jacques Maleval et Thierry Bretagne chez calman Lévi (1972): cet excellent livre n'a pas pris une ride 2- 50 years of the Final Four par Billy Packer (10987) superbe livre d'histoire du basket NCAA,avec des photos inédites des années 40's à 80's. Chez Taylor Publishing à Dallas Texas Photos avec l'aimable autorisation de "Duke University" Copyright legendedubasket Juin 2006 tous droits réservés

Publié dans NCAA Story

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