Le Mans story (2) (3) (4)

Publié le par Jean-Marie Tartane

Le Mans story Août 06 (2e partie)

Les débuts puis l’accession au Paradis (suite)
En 1963 pour la première saison, le SCM de Justy Specker termine à une honorable 5e place dans un championnat dominé par 2 clubs parisiens, le Paris Université Club et l’Alsace de Bagnolet. Finalement c’est le PUC d’Henry Fields, leur nouvel américain successeur de Martin Freiberg, qui l’emportera avec un certain joueur au nom de Souvré, le père de sa fille Yann, grande figure des année 90’s au CJM Bourges dominateur de l’époque.

Premières stars:
Quand aux « oranges » du Mans, c’est derrière les gros bras du PUC, Nantes, Roanne et Villeurbanne qu’ils se positionneront, non sans avoir auparavent fait trembler quelques autres cadors comme le CSM Auboué, et le Racing Club de France, hier encore bardés d’honneurs et d’internationaux
Pendant ce temps, là, Danielle, la sœur de Daniel Peter, disputera les championnats d’Europe féminins avec l’équipe de France, organisés d’ailleurs cette année-là à Mulhouse, la ville de ralliement de son frère et de Baltzer.
Le jeune Christian Baltzer, (24 ans-1,93m), se distinguera déjà en prenant la 5e place des marqueurs avec 20 points de moyenne derrière quelques pointures comme Jean-Paul Beugnot (Charleville), 27,3 points et Max Dorigo,(Alsace de Bagnolet) avec 20,5 points , mais devant Henri Grange (ASVEL) et Henri Fields (PUC), l’américain, qui bientôt deviendra le cauchemar des défenseurs surtout dès son arrivée à Antibes, avec lequel d’ailleurs, il gagnera le titre de champion de France 1970.

Américains :
On terminera ce mois-ci avec les américains.
Ce sont cette année-là, les jokers de luxe des équipes ambitieuses françaises de l’élite.
A cette époque justement, les premiers flux arrivent de plus en plus au pas de charge (6) : Outre Henri Fields au PUC, dès cette année suivi par le futur Docteur Franck Jackson, à Graffenstaden, Leroy Johnson débarquera à Nantes via Barcelone.
Le Mans et ses alsaciens, ses picards et autres bordelais attendra l’année 1968, celle de la révolution sociale française, pour faire la sienne, manger du titre national,en enrôlant le yankee Denver qui ne fera dailleurs, pas rêver les gars du coté de la Sarthe. Il faudra attendre deux moustachus certains au nom de Jay Harrington et surtout Art(hur) Kenney (2,04m-1946) , ancien, coéquipier pendant toutes les années de lycée, de sa majesté Alcindor-Jabbar à Power Memorial School de New-York, pour en voire de toutes les couleurs du coté de la salle Gouloumès .
Avec lui, ce sera champagne pendant des années avec à la clef, une finale de coupe de France et des places de choix en haut de l’affiche.(7)
Paradoxalement c’est avec trois autres américains dont l’un aussi défenseur que Kenney, que la bande à Bernard Gasnal, (qui bientôt cessera ses activités),touchera enfin la Terre Promise.
Le libérateur du Mans sera James Lister (2,05m-1955) , l'ancien Cougars,diplômé en criminologie de Houston,transfuge du Racing de Malines en Belgique,où Mansoù il fera déjà souffrir le grand Ignis de Varèse en Euroligue, mais aussi ses adversaires belges avec 24 points et 15 rebonds de moyenne en 1975. Lister commettra ses « petits meurtres entre amis », en passant à la moulinette tout ce qui se présentera à Gouloumès.(8)
Le second , c’est celui qui menait la barque mancelle en cette épique époque du 2e titre successif: Bill Sweek, autre coéquipier de Jabbar pendant 3 ans à l’UCLA.
Bill Sweek, le fils spirituel da maestro John Wooden, déjà vainqueur avec les filles du CUC l'année précédente, fera les musiciens manceaux jouer une des meilleures partitions des années 70’s, l’ «hymne à la joie » , celle de la 2e victoire successive en 1978 avec son compatriote Gentry.
Enfin l’inoubliable meneur ailier Lloyd King, l’ancien Gremlins de Virgnia Tech, qui « basketballe comme il respire », et forma plus tard dans la foulée d’autres jeunes pousses du basketball français des 90’s.
Thank you sirs.

Mais nous sommes déjà dans la 2e partie des années 70’s. Or, nous n’avons pas encore parlé de l’épopée du SCM du début des 70’s.
Celle qui nous a bien fait rêver et qui est au cœur de la raison de vivre de Legendedubasket.
Ce sera l’objet du mois prochain, où je vous raconterai les gros coups des manceaux durant cette période. La bande de la Sarthe, qui transformera très bientôt les gros bras du basket français en gentilles rillettes du Mans…à tartiner et à croquer, arrosées ce coup-ci de…Champagne, s’il vous plait.
Salut et au mois prochain.
Jean-Marie
Copyright Legendedubasket aout 2006.
Tous droits réserves.

Photos L’Equipe Basket Magazine et Le Musée du Basket.
Avec nos remerciements ;

(1) Voir LBM n°30 d'avril 1974 p34 à 37, l'excellent article de Jean-Jacques Maleval:l'ASPTT, ou le sport à la lettre"
(2)Les Linnets de Saint-Maur (féminin) ont précédés la VGA Saint-Maur (masculin)
(3) Site de Frédéric Denise sur le club du Mans et le championnat de France http://frederic.denise.club.fr/class0.htm

(4) Les japonais notamment chez Toyota furent les premiers instigateurs de l’exercice et le sport dans l’entreprise, qui avait plutôt des aspects obligatoires, cela dès l’arrivée dans l’entreprise.
(5) LBM de 1971 : »le SC Moderne, une équipe au travail ».par Jacques Marchand.-
(6) Le plus agé des 2 frères Max et Laurent, champions de France en 1961 et 1962.

Bibliographie:
(2) Sources Frédéric Denise : « l’histoire du basket au Mans » sur son site Internet.

(6) Voire mon article « NCAA et les études » sur Sport.fr www.sport.fr/Basket/nba/p33746.asp?num=33746
(7) Arthur Kenney ira au Simmental de Milan puis reviendra au Mans en 1974.Jay Harrington, le meneur signera à Asnières Sport en 1971-72, après son année glorieuse au Mans .
(8) Son petit frère Alton Lister (2,11m-1958),sera un très grand joueur pro All star en NBA durant les 80’s, notamment à Milwaukee.

 

Bibliographie :
(1) le très enrichissant "Ce fabuleux basket américain" de Jean-Jacques Makeval et Thierry Bretagne (1972) chez Calmann Levi
(2) « Une histoire du basket français » de Gérard Bosc, tome 1(pour cette partie),2 et 3 (pour les parties suivantes), aux Editions Vigot
(3):"50 years of the final four" de Billy Packer (1987), aux éditions Taylor Publishing company à Dallas-Texas.

Journaux, périodiques:
3)L'Equipe Basket Magazine (LBM) de 1971, sur Le SCM Le Mans« une équipe au travail » par Jacques Marchand.
(4)Basket News-Hors Série:Les plus belles histoires du basket pro français.Printemps 2002.Trimestriel n°4


site Internet Sources Frederic Denise : l’histoire du basket au Mans sur son site Internet. http://frederic.denise.club.fr/class0.htm

Photos L'Equipe Basket Magazine (LBM) avec nos remerciements


Rappel des années antérieures Puissance et gloire : Nous avons vu que le MSB anciennement SCM Le Mans, a finalement monté progressivement les échelons de la hiérarchie du basket-ball national, pour se caler d’une manière pérenne parmi les Grands du basket-ball français et ne jamais quitter les 3 premières places du championnat de 1973 à 1984. Le Mans semblait comme «passer à la marmite sarthoise», tous les adversaires hexagonaux qui lui étaient opposés     

 ci dessous Le Mans 1972  la belle équipe du Mans, en match amical à Bourg en 1972.
debout Eric Beugnot, Claude gasnal, Willy Lee, Jacky Lamothe, Willy Watson, André Buffière(coach)
accroupi Robin,  Audureau, Christian Baltzer, Conter, et Claude Peter

.

Ses deux premiers titres acquis en 1978 et 1979, à cette époque aujourd’hui bien révolue dans tous les domaines, correspond au décollage économique et sportif du basket-ball en France car en fait à une prise de conscience des cadres du basket-ball national des possibilités et perspectives sportives, économiques, marketing et bien sûres financières de la construction méthodique d’un bon niveau de basket-ball dans l’hexagone.. Inspiré par les modèles italiens et espagnols, l’apport dans l’économie du sport de résultats honorables dans le basket-ball commençait à peine à l’époque à chahuter les esprits des bien-pensants du basket et l’on ne s’en plaindra pas . L’avantage concurrentiel qui a fait que Le Mans grâce outre à sa défense, a glané ces deux titres consécutifs de champions de France réside dans son exceptionnel « banc de remplaçants » qui comportait en avance sur son temps plusieurs joueurs ex-internationaux et espoirs de dimension nationale. La moyenne de taille du SCM Le Mans de l’époque lui octroyait par la force des choses les moyens décisifs de contrôler les airs, à l’image d’Antoine de Saint-Exupéry le grand aviateur enfant du Mans. Le rebond est une aire , une terre de victoire dans le basket-ball moderne et donc les fils de l’Oncle Sam, Bill Sweek et plus tard Bob Purckiser, l’avaient bien compris et s’étaient déjà donnés les moyens de se constituer un voire deux triangles de rebonds respectables . Les autres équipes à la poursuite du Mans (ASVEL, Antibes…) ; ne payaient pourtant pas de mine, mais peu avait également l’avantage de jouer ensemble depuis tant d’années. Cela était vrai pour les anciens (Peter, Audureau, Cain et autres Lamothe) mais aussi pour les jeunes internationaux qui avaient déjà fait leur « intronisation en premier club » au Mans, (frères Beugnot, Dubuisson, Patrick Robin, …).
La décennie des 80’s se présentait donc bien en terre de Sarthe. Défense, attaque et mutations : Tout comme les thermes romains étendus sur 100 hectares au Mans, existants jusqu’en l’an 270 après J C, comme traces physiques du passé mouvementé, découverts lors d’un chantier en 1980, ces vestiges témoignant de la puissance d’une ville et donc de son ambition déjà clairement affichée à l’époque. Détruits durant cette période du 3e siècle, ils durent laisser la place à la muraille défensive déjà de mise à l’époque, nouvelle peau gallo-romaine qui désormais protègera pendant 15 siècles, la ville du Mans contre ses envahisseurs, pour la faire entrer de plain-pied dans l’ère moderne. C’est la même mutation historique et tout autant à base de pierres, qui a amené les dirigeants du vieux SCM Le Mans à procéder en marche forcée pour pouvoir affronter l’avenir, à l’édification d’un nouveau club après la tempête de la descente en 2e division (nationale 1 B) durant 3 années à la fin des 80’s, et aussi a la construction d’une nouvelle salle bien plus grande, qui couvrira de sa protection solide et moderne, les ébats des ambitieux et insatiables champions sarthois de la grosse balle. Cette salle de sport, autre lieu de Jeux Romains du 20e siècle, sera désormais l’antre des exploits des basketteurs. Le nouveau Palais des sports Antares, comme les thermes de jadis, autre lieu de sociabilité était né en 1995 avec le sincère et tenace bon-vouloir bien connu de Christian Baltzer maintenant président du club, et se substituera à la salle des cheminots de la fin des années 40’s, la Rotonde, et la salle Goloumes des glorieuses 70’s , légendaires mais dépassées qui avait abritée l’histoire du SCM en ses poutres ancestrales depuis les années 30’s sous la truelle et la clé de voûte symboliques de Bernard Gasnal.. Antares devra protéger Le Mans des attaques des lyonnais de l’ASVEL et des teigneux limougeauds, qui commençaient en ces années 80’s, à montrer le bout de leurs baskets; cela à l’image de la muraille romaine d’antan la protégeant des Bretons et Vikings au 9e siècle.. Changement de peau : Pourtant joufflu et prometteur, le bébé SCM Le Mans à l’orée des années 80’s, a finalement fini la décade en mauvaise santé alors que l’on aurait pu envisager le contraire, si l’on considère son excellent carnet de santé des années 70’s et suivantes . Lloyd King parti sous d’autres cieux monnayer son immense talent, Christian Baltzer choisit de recruter le binoclard Robert Wymbs qui avait déjà montré le bout de ses verres futures lentilles de contact, et de son tir dévastateur à l’AS Denain en déclin de la fin des années 70’s.
 Bonne pioche comme on dit au jeu des sept familles. Wymbs, l’élégant intello-ailier, américain naturalisé, réussira des performances de qualité autorisant les manceaux à rêver à de verts pâturages qui ne tarderont pas à apparaître dès le début de l’année 1982. Autre bonne carte : En plus de son ailier miraculeux Hervé Dubuisson engagé par le Stade Français Evry après un détour désastreux par Antibes, le poste de pivot s’était libéré avec les départs successifs de Kenney, Lister, et Randy Gentry. Pour palier à cette hémorragie le SCM jeta son dévolu sur un autre pivot américain dont le jeune frère Jimmy de la même taille, évolua au même moment à l’ambitieux Monaco : meilleur marqueur du championnat précédent, Floyd Allen et ses 2,06m aideront les tangos à faire danser la java, leur donnant même le tournis, à pas mal d’équipes du championnat. Même si finalement limité au niveau variété de son jeu d’attaque, Allen par sa muraille défensive permettait aux ailiers Beugnot et autres Bob Wymbs, d’ajuster leurs tirs nuisibles pour les défenses poreuses des ténors de la pro A de l’époque. L’adresse des uns et des autres ne parviendra pas à arrêter les lyonnais de l’ASVEL emmenés par Jacques Monclar Alain Larrouquis et Philip Szanyiel, qui l’emporteront 85 à 70 lors du match décisif, en dépit des 25 points d’Eric Beugnot. Le titre acquis en 1982 couronne les efforts de Bob Purckiser qui encaissera et même bravera les sifflets de l’année précédente en emportant en terre sarthoise, le trophée tant convoité et mérité. Son décès durant l’été de retour de Chine où il sera profondemment marqué par les capacités des chinois dans le jeu de ballon, sera suivi du départ d’Eric Beugnot, l’homme aux 5000 points, pour Monaco et symbolisera par là même, la mort du SCM Le Mans qui durant cette fatale année 1983 devra lutter pour conserver sa place parmi l’élite. Pour la première fois depuis 11 ans Le Mans ne disputera pas de coupe européenne, autre déclin du destin. La chute du géant au pied d’argile Ce qui était à craindre, malheureusement arrivera : le SCM doit quitter l’élite après une saison 1985-86 désastreuse entachée par une septième place, après 23 ans au plus haut-niveau. Il faudra 2 ans pour que le SCM assisté par un nouvel entraîneur Tom Becker, son 3e américain-coach, ne retrouve la première division.
 Cette période de pénitence ne frappera le seul grand club du Mans. D’autres légendaires équipes connaîtront dans les années 80’s et surtout, 90’s le reflux dans les eaux glacées infestée de requins de la 2e division (nationale 1B puis pro B).Parmi eux, Besançon, Brest, Vichy qui feront un aller-retour malsain car non aussi agréable et ludique qu’une valse prussienne à la Johan Strauss.… Diriger c’est prévoir : Bien souvent des difficultés financières la plupart du temps imprévisibles à priori, sont à l’origine de cette issue fatale. Les années 80’s et 90’, en France mais aussi en Europe occidentale (Italie, Espagne), sont surtout celles de la flambée des salaires des joueurs notamment américains, boostée par des agents de joueurs de plus en plus conquérants, et gourmands comme par exemple Didier Rose.. ..qui mettra le club de Limoges à genoux dans les années 90’s. Pour Le Mans, on ne peux pas dire pourtant que les salaires soient à l’origine de la chute du club. C’est plutôt par un manque de prévision de l’avenir notamment un recrutement de jeunes essentiellement défaillant. Ce phénomène d’insuffisance de jeunes en tant que réservoir des clubs de l’élite provoquera l’institution s’une obligation de disposer donc de former dans tous les clubs du plus haut-niveau d’équipes appelées bientôt :espoirs de pro A . Cela aura un double effet positif :La mise à disposition de forces vives même si moins expérimentées et la préparation permanente de ces jeunes pousses lors ers entraînements de la semaine. Pour quelques uns, ce sera aussi l’occasion de démonter de leur capacité à « éclater » au grand jour, c’est à dire lors des matchs officiels. Parmi eux, 20 ans plus tard, quelques certains Alain Koffi, Yannick Bokolo et Pape-Philippe Amagou. Dimensions:
 Mais pour le moment nous sommes en 1986 et le néo MSB du 6 septembre 1993, doit reconstituer son portefeuille de joueurs et de sympathie, « éclaté » par la descente en pro B .Mais et même si en 1991,Le Mans retrouve sa terre promise, l’élite, le scénario n’est plus comme durant les choyées années 70’s :on ne remonte plus comme cela parmi l’élite dans les années 90’s et surtout on n’y cale plus aussi rapidement dans le trio de tête comme jadis. Le niveau des investissements matériels et humains exigés ainsi, tant au niveau des joueurs-phares (américains, internationaux) qu’à celui des équipements sportifs (salles exigeant un minimum de places assises comme la LNB désormais le réclame), mais aussi et finalement surtout en « personnels périphériques » autour du head-coach qui se doit désormais d’être de niveau national voir international (comme aujourd’hui) , l’assistant coach, le médecin, le kiné, plus un vrai « banc » de 3 remplaçants minimum substituables et donc capable de remplacer à tout moment les titulaires défaillants (sortie 5 fautes, blessures, fatigue ou rotation programmée), font que la remontée et surtout le maintien en pro A, dénommée encore nationale 1, ne peut de réaliser qu’au prix d’une participation financière matérielle, humaine, et logistique des sponsors et municipalités à présent largement parties prenantes dans le processus de réussite donc de décision des clubs de basket de l’élite française.






Toujours plus : Déjà le légendaire club du gros bourg d’Orthez (11000 habitants), « européen » depuis la fin des 70’s, se verra contraint sous la pression des concurrents hexagonaux et européens, de s’allier avec la ville moyenne de Pau (30 000 habitants) et son défunt député-maire André Labbarrère, pour ainsi, sortir de son gentil mais dépassé « marché couvert » d’Orthez et ouvrir une salle de dimensions autres, pouvant abriter 8000 spectateurs en cette grande cité du Béarn, terre du roi Henri IV, dont la mère Jeanne d’Albret était originaire Un avenir sportif radieux et stable se présentera aux « petits hommes verts» de par leur adossement à un budget désormais renforcé d’une subvention municipale de 2 millions de francs (307 000 euros). Ces ressources colossales pour un club français lui permettront désormais de piocher en NBA pour se constituer son triangle de rebonds. Limoges commencera la course en tentant «l’aventure» en enrôlant dans les années 86’s Billy Knight, ancienne star de l’ABA (ce recrutement sera un fiasco) et Pau positionnera à l’aile de son équipe, Terry Catledge, premier choix des Sixers de Philadelphie (choix qui sera soldera tout autant par un échec). Le salaire mensuel d’Harold Johnson, pivot d’Antibes de 1983-84 et meilleur rebondeur du championnat, dépassera à l’étonnement général, les 100 000 francs par mois… Ridicule par rapport aux nouvelles dimensions des années 85’s :celui des américains-débutants au poste de pivot en pro A approcheront rapidement les 200 000 francs par mois et ceux des remplaçants des remplaçants, âgés de 20-22 ans, atteindront les 100 000 francs sans même qu’ils aient fournie sur le terrain, la moindre preuve d’un réel potentiel. La spirale des dépenses folles était bien engagée en cette deuxième moitié des années 80’s Désormais le MSB ressuscité devra composer ave cette nouvelle donne du basket-ball hexagonal s’il veut demeurer parmi l’élite.

(photos L'equipe Basket Magazine)

e Mans Août 06 (2e partie)
Les débuts puis l’accession au Paradis

 

L’Entreprise, relais du développement du basket-ball au pays du football et du rugby :
Le club du Mans n’est pas le premier regroupement de basketteurs à avoir été crée sur les fondations d’une entreprise industrielle ou commerciale française.
En premier lieu parce que le basket-ball français , comme son créateur canadien, le docteur James Naismith et ses successeurs l’ont fait aux Etats-Unis , a vu le jour dans la cour des patronages catholiques et protestants de France et de Navarre mais a ensuite fondé beaucoup de ses piliers et relais, par l’intermédiaire du courant corporatif : le monde de l’entreprise. Le Stade Auto Lyonnais aujourd’hui disparu, club emblématique de première division française durant les 60’s, est le produit du basket-ball pratiqué sérieusement à l’intérieur des salles de sport des Usines Berliet, l’un des grands constructeurs français de camions et utilitaires de l’époque.
On sait aussi que des entreprises nationales surtout dans la branche des services ont déjà depuis longtemps commencé à s’illustrer dans les différents championnats corporatifs de basket-ball y compris au haut-niveau : L’ASPP (police nationale), l’US Métro Transports (RATP), l’ASPSAP (assistance publique et hôpitaux de Paris), les ASPTT ( Postes et télecoms) de toutes les grandes villes de France (1), etc…, en sont des récents mêmes si tous disparus exemples.
L’entreprise privée ne fut pas pour autant à la traîne avec des précurseurs comme IBM, dynamisé dans sa section basketball par monsieur Charles et René Le Goff, l'actuel président de la ligue pro, LNB.
IBM fournira ainsi des joueurs et des emplois au Racing Club de France et réciproquement : (Robert Monclar, Degonse, etc…)

Ce qui est particulier, original et finalement touchant dans les fondations du basket-ball au Mans est que, de plus, il a été implanté, comme à Saint-Maur (2), parmi la gente féminine en premier lieu , une équipe de femmes suffisamment performante, (championne de France UFOLEP en 1952), pour susciter des tentations parmi les hommes et leur donner envie de créer un alter-ego d’obédience masculine.(3)
Consciemment ou pas, cette association périlleuse du point de vue philosophique, politique et financier a permis à ce club et en général à de nombreuses associations sportives à caractère public ou privé, d’adosser leur gestion et management sur des hommes de l’Entreprise, par essence davantage concernés par les aspects matériels de la problématique de l’Association type loi de 1901, fusse-t- elle à caractère non-lucratif et inspirée par la philosophie du « l’important est de participer » comme l’avait susurré en son temps, le baron Pierre de Coubertin.
En clair le pilotage du Mans par les hommes de Gouloumes a conforté les assises managériales, financières et humaines d’un groupe d’hommes que n’est qu’à la base une association, afin de traverser les années qui jalonneront la route de ce fabuleux club. Ce club de légende qui nous rappelle que même si la « bête » a été blessée , elle bouge encore et a encore de l’énergie pour rebondir et nous surprendre bien des années après que nous l’ayons laissée pour « morte » il y a une quinzaine d’années..
Bernard Gasnal, l’homme par qui le basket-ball est arrivé au Mans, à l’époque faisait le bonheur du personnel des Comptoirs Modernes de Reims, dans la Marne, qui de foyer du football avec le Stade de Reims de Kopa deviendra tout autant d’ailleurs, un grand club de basket-ball dominateur à la fin des années 60’s. Le Stade de Reims accedera même en 2e division puis dipsraitra brusquement du paysage du basket-ball français.
Suivant son patron, Léopold Gouloumès au Mans où l’entreprise s’installa, monsieur Gasnal, chef du personnel y monta dès 1938, à l’image des bâtisseurs du Moyen-Age qui fondirent la Sarthe, une équipe de football, premier vestige du sport de haut-niveau en Maine, pour divertir son personnel, et conscient comme beaucoup d’instigateurs du sport corporatif en France, de cette impérieuse nécessité et pas seulement pour des motifs de productivité (clamés par les japonais) , pour les Hommes de l’Entreprise de pouvoir pratiquer le Sport, si possible d’Equipe, cela facilitant en plus le lien social et affectif entre le personnel, toute catégories confondues..
De retour de captivité,
Le Goulu Club Sportif était né devenant par la suite le Sporting Club Moderne, le SCM, strictes initiales identiques finalement, de la Société des Comptoirs Modernes, la société matrice du club..
L’antre qui abrita les premiers ébats de « ces basketteurs en bleus de travail » d’un autre type, sera le Hall des Tramways, première salle rénovée par les joueurs eux-mêmes.

Premiers lauriers : A l’assaut de l’élite
Les sarthois luttèrent pendant Cent Ans contre les anglais, laissant des traces remarquables par les vestiges et édifices historiques publics, militaires ou religieux en terre de Maine. Mais ils n’attendront pas tant de temps (et heureusement), pour décrocher leur premier trophée.
Les résultats ne tardèrent pas à arriver ; la conquête du championnat national UFOLEP par les filles en 1953, avaient déjà mis en bouche le goût de la victoire pour la gente masculine de l’équipe du SCM Le Mans, autant qu’une bonne tartine de rillettes de la Sarthe arrosée ou pas de bon vin du Val de Loire..
Pour cela, il fallait recruter des bons joueurs en dehors de la région peu dotée à cette époque, en adeptes de haut-niveau de la grosse balle orange.
C’est la raison pour laquelle on assista dès le début des années 60’s à l’arrivée de joueurs expérimentés originaires d’autres régions. Parmi eux dès 1962, Pierre Cordevant l’imposant colosse à l’image de la cathédrale Saint-Julien , haut de 2,03m, venu de Saint-Quentin et deux autres grands de Mulhouse en Alsace. Christian Baltzer,148 fois international, qui aujourd’hui encore est au sein du club en tant que président, et Claude Peter qui avec Baltzer, sera de la grande époque conquérante des années 70’s.
Claude Peter avait une sœur aînée Danielle Peter-Tognarini qui sera une grande joueuse internationale au SREG(gaziers) de Mulhouse, médaillée d’argent aux championnats d’Europe de Rotterdam en 1971 et disparaîtra tragiquement en 1981 à l’age de 36 ans.

Bernard Gasnal fit parler sa connaissance du recrutement en faisant venir des basketteurs à un tel point qu’en 1971, 28 sur 108 licenciés travaillaient aux Comptoirs.
Michel Audureau originaire de Blaye,la ville du bon vin, près de Bordeaux, sera chef des services expéditions, Jean-Marc Conter du symnolique SS Nilvange, fief du basket-ball lorrain, nommé stagiaire dans le même service.
Francis Schneider accedera au poste de responsable des emballages et Christian Baltzer adjoint au chef du personnel , Bernard Gasnal...
Pierre Cordevant, un ancien du Racing Club de France et de l’Entente Sportive de Charleville, chapeautera le service des eaux minérales et des produits hygiéniques.
Il n’y a jamais eu, hormis à l’ASPTT de Nice, des clubs de l’élite avec autant de ses joueurs cruciaux impliqués à ce point dans leur club-entreprise- employeur.

Pas de grande équipe sans grand entraîneur :
Tout cela était bien beau, mais il fallait pour faire progresser ce beau monde, un mentor, un homme d’exception, apte à fédérer ces joueurs autour d’un style de jeu propre et des valeurs collectives. Cet homme en fait existait déjà et se trouvait en région parisienne.
C’est Justy Specker,14 fois international de 1946 à 1953, adjoint de Robert Busnel à la DTN, qui sera chargé des premiers pilotages du futur bolide SCM Le Mans. Celui qui très bientôt dépassera puis éblouira ses poursuivants laissant sur son passage une nuée lumineuse faite d’une constellation d’étoiles.
Formé au CA Mulhouse avec Maurice Tondeur, puis passé par le CA Bourgoin, Antibes et bien d’autres clubs réputés, Justy Specker tenté par ce nouveau challenge qui se présentait à lui, opta pour le club de la Sarthe, avec lequel il gagnera ce titre de champion de France de 2e division.
Revenu à Antibes pendant une année, il deviendra à 54 ans, directeur des centres sportifs de la ville de Saint-Maur, dont il continuera à entraîner les joueurs puis encadrer le club de la Vie au Grand Air, le célèbre VGA,. dans les années 80’s.

Des débuts finalement prometteurs :
A la différence de nombreux clubs français devenus dominateurs , les débuts du SCM parmi l’élite du basket-ball dès 1963 ont été entamés avec un ensemble de résultats qui annonçaient finalement des "lendemains qui chantent", un réel potentiel, mâtiné d’un managérat déjà étudié , performant , nourri de principes collectifs au niveau de l’éthique des joueurs, sur et en dehors du terrain.
Bernard Gasnal n’a t-t-il pas confié au magazine L’Equipe Basket Magazine (5): « je prend certaines précautions et j’ai parfois refusé de très grands noms du basket français parce que la garantie morale me paraissait insuffisante. «
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Copyright Legendedubasket aout 2006.
Le Mans story Août 06 (2e partie)

Les débuts puis l’accession au Paradis (suite)
En 1963 pour la première saison, le SCM de Justy Specker termine à une honorable 5e place dans un championnat dominé par 2 clubs parisiens, le Paris Université Club et l’Alsace de Bagnolet. Finalement c’est le PUC d’Henry Fields, leur nouvel américain successeur de Martin Freiberg, qui l’emportera avec un certain joueur au nom de Souvré, le père de sa fille Yann, grande figure des année 90’s au CJM Bourges dominateur de l’époque.

Premières stars:
Quand aux « oranges » du Mans, c’est derrière les gros bras du PUC, Nantes, Roanne et Villeurbanne qu’ils se positionneront, non sans avoir auparavent fait trembler quelques autres cadors comme le CSM Auboué, et le Racing Club de France, hier encore bardés d’honneurs et d’internationaux
Pendant ce temps, là, Danielle, la sœur de Daniel Peter, disputera les championnats d’Europe féminins avec l’équipe de France, organisés d’ailleurs cette année-là à Mulhouse, la ville de ralliement de son frère et de Baltzer.
Le jeune Christian Baltzer, (24 ans-1,93m), se distinguera déjà en prenant la 5e place des marqueurs avec 20 points de moyenne derrière quelques pointures comme Jean-Paul Beugnot (Charleville), 27,3 points et Max Dorigo,(Alsace de Bagnolet) avec 20,5 points , mais devant Henri Grange (ASVEL) et Henri Fields (PUC), l’américain, qui bientôt deviendra le cauchemar des défenseurs surtout dès son arrivée à Antibes, avec lequel d’ailleurs, il gagnera le titre de champion de France 1970.

Américains :
On terminera ce mois-ci avec les américains.
Ce sont cette année-là, les jokers de luxe des équipes ambitieuses françaises de l’élite.
A cette époque justement, les premiers flux arrivent de plus en plus au pas de charge (6) : Outre Henri Fields au PUC, dès cette année suivi par le futur Docteur Franck Jackson, à Graffenstaden, Leroy Johnson débarquera à Nantes via Barcelone.
Le Mans et ses alsaciens, ses picards et autres bordelais attendra l’année 1968, celle de la révolution sociale française, pour faire la sienne, manger du titre national,en enrôlant le yankee Denver qui ne fera dailleurs, pas rêver les gars du coté de la Sarthe. Il faudra attendre deux moustachus certains au nom de Jay Harrington et surtout Art(hur) Kenney (2,04m-1946) , ancien, coéquipier pendant toutes les années de lycée, de sa majesté Alcindor-Jabbar à Power Memorial School de New-York, pour en voire de toutes les couleurs du coté de la salle Gouloumès .
Avec lui, ce sera champagne pendant des années avec à la clef, une finale de coupe de France et des places de choix en haut de l’affiche.(7)
Paradoxalement c’est avec trois autres américains dont l’un aussi défenseur que Kenney, que la bande à Bernard Gasnal, (qui bientôt cessera ses activités),touchera enfin la Terre Promise.
Le libérateur du Mans sera James Lister (2,05m-1955) , l'ancien Cougars,diplômé en criminologie de Houston,transfuge du Racing de Malines en Belgique,où Mansoù il fera déjà souffrir le grand Ignis de Varèse en Euroligue, mais aussi ses adversaires belges avec 24 points et 15 rebonds de moyenne en 1975. Lister commettra ses « petits meurtres entre amis », en passant à la moulinette tout ce qui se présentera à Gouloumès.(8)
Le second , c’est celui qui menait la barque mancelle en cette épique époque du 2e titre successif: Bill Sweek, autre coéquipier de Jabbar pendant 3 ans à l’UCLA.
Bill Sweek, le fils spirituel da maestro John Wooden, déjà vainqueur avec les filles du CUC l'année précédente, fera les musiciens manceaux jouer une des meilleures partitions des années 70’s, l’ «hymne à la joie » , celle de la 2e victoire successive en 1978 avec son compatriote Gentry.
Enfin l’inoubliable meneur ailier Lloyd King, l’ancien Gremlins de Virgnia Tech, qui « basketballe comme il respire », et forma plus tard dans la foulée d’autres jeunes pousses du basketball français des 90’s.
Thank you sirs.

Mais nous sommes déjà dans la 2e partie des années 70’s. Or, nous n’avons pas encore parlé de l’épopée du SCM du début des 70’s.
Celle qui nous a bien fait rêver et qui est au cœur de la raison de vivre de Legendedubasket.
Ce sera l’objet du mois prochain, où je vous raconterai les gros coups des manceaux durant cette période. La bande de la Sarthe, qui transformera très bientôt les gros bras du basket français en gentilles rillettes du Mans…à tartiner et à croquer, arrosées ce coup-ci de…Champagne, s’il vous plait.
Salut et au mois prochain.
Jean-Marie
Copyright Legendedubasket aout 2006.
Tous droits réserves.

Photos L’Equipe Basket Magazine et Le Musée du Basket.
Avec nos remerciements ;

(1) Voir LBM n°30 d'avril 1974 p34 à 37, l'excellent article de Jean-Jacques Maleval:l'ASPTT, ou le sport à la lettre"
(2)Les Linnets de Saint-Maur (féminin) ont précédés la VGA Saint-Maur (masculin)
(3) Site de Frédéric Denise sur le club du Mans et le championnat de France http://frederic.denise.club.fr/class0.htm

(4) Les japonais notamment chez Toyota furent les premiers instigateurs de l’exercice et le sport dans l’entreprise, qui avait plutôt des aspects obligatoires, cela dès l’arrivée dans l’entreprise.
(5) LBM de 1971 : »le SC Moderne, une équipe au travail ».par Jacques Marchand.-
(6) Le plus agé des 2 frères Max et Laurent, champions de France en 1961 et 1962.

Bibliographie:
(2) Sources Frédéric Denise : « l’histoire du basket au Mans » sur son site Internet.

(6) Voire mon article « NCAA et les études » sur Sport.fr www.sport.fr/Basket/nba/p33746.asp?num=33746
(7) Arthur Kenney ira au Simmental de Milan puis reviendra au Mans en 1974.Jay Harrington, le meneur signera à Asnières Sport en 1971-72, après son année glorieuse au Mans .
(8) Son petit frère Alton Lister (2,11m-1958),sera un très grand joueur pro All star en NBA durant les 80’s, notamment à Milwaukee.

 

Bibliographie :
(1) le très enrichissant "Ce fabuleux basket américain" de Jean-Jacques Makeval et Thierry Bretagne (1972) chez Calmann Levi
(2) « Une histoire du basket français » de Gérard Bosc, tome 1(pour cette partie),2 et 3 (pour les parties suivantes), aux Editions Vigot
(3):"50 years of the final four" de Billy Packer (1987), aux éditions Taylor Publishing company à Dallas-Texas.

Journaux, périodiques:
3)L'Equipe Basket Magazine (LBM) de 1971, sur Le SCM Le Mans« une équipe au travail » par Jacques Marchand.
(4)Basket News-Hors Série:Les plus belles histoires du basket pro français.Printemps 2002.Trimestriel n°4


site Internet Sources Frederic Denise : l’histoire du basket au Mans sur son site Internet. http://frederic.denise.club.fr/class0.htm

Photos L'Equipe Basket Magazine (LBM) avec nos remerciements

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