Roman: Soigne ta défense: (4): Bas les pattes.

Publié le par Jean-Marie Tartane


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Tout à coup  comme rompant le silence presque religieux qui couvrait le bruit des respirations et du choc des ballons sur le cercle, un autre bruit bien réel cette fois et aussi connu , troublera la quiètude de Connie, Earl , John et les autres.

C'était tout simplement et comme naturellement, un bruit que tout quidam de Harlem connaissait depuis si l'on peut dire sa plus tendre enfance.
Un coup de feu claqua en provenance de la  cage d'escalier de  l'immeuble d'en face. Cet endroit était aussi très familier pour les gars du Low Side de  Harlem.
La cage d'escalier est tout simplement, dans les grands ensembles de Harlem du Bronx, mais aussi de Los Angeles, de Mantes la Jolie ou des 3000 à Aulnay sous bois en banlieue parisienne, le lieu de vie des quidams, qui à défaut de disposer d'espaces de convivialité plus grands dans leurs appartements bien souvent sordides, malgrè eux , préfèrent surtout en cas de fortes chaleurs ou de froid, pour se rencontrer et pour discuter jusqu'à des heures inavouables, telles que des parents comme Laura, la mère de Julius en viennent encore plus à se désespèrer de savoir leurs rejetons, loin de leurs livres et de leurs soucis d'école.
La cage d'escalier, c'est aussi , malheureusement le lieu où les gars, les copains de Julius, , s'essaient et se mesurer à leur libido parfois naissante, en tentant  de serrer quelques filles, quelquefois avec la patrience d'un lion qui attend pour saisir sa proie.
Quelquefois aussi, cela se terminait mal car tous les gars du ghetto n'ont pas la placidité d'attendre que mademoiselle accepte et cède aux désirs du gars.
Et ça se terminait par un viol quelquefois.
"Ce sont les risques du métier "dirait un habitué des lieus."
"De toutes façons, elle était consentante"" aurait répliqué un autre.

Mais cette fois-ci, c'était un vrai coup de feu qui avait claqué

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, et les joueurs bien que souvent issus du même quartier,  ne la jouaient pas cool.
Ils savaient que quelque chose de grave était arrivé.

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Car de toutes façons, personne ne se serait amusé à rompre le silence solennel d'un match de basketball du Rucker Pro tournament de Harlem New York.
En présence de Manigault, Connie "the hawk" et les autres.

Harry,  l'arbitre de fortune mais certainement pas d'infortune, tellement il était fièr d'être là,  siffla tout de même; et obligea les prétendants à continuer le match.
"J'espère qu'il n'a pa pris la bastos" se disait Julius à ce moment.
 Lui, même,  déconcentré ne parvenait pas à se faire à cette violence endémique qu'il connaissait depuis l'age de 5 ans, le moment où il déménagea en catastrophe de Detroit et son quartier ouvrier, vers Harlem -la dangereuse.
Quand son père Jesse fut containt de rendre l'appartement loué par la General Motors.
Des voyous , c'est pas ce qui manquait dans le quartier, pas si loin à vol d'oiseau de Wall Street et ses golden boys endimanchés aux costumes de couturiers italiens , aux godasses à un prix qu'il aurait fallu à Laura,  deux mois de travail pour pouvoir y chausser son géant de fils.
Qui en plus à 16 ans et 2.04m, chaussait du 45 fillettes.
Bonjour la facture.

Earl Manigault, lui s'en foutait et n'était en ausun cas inquièté par ce bruit , qui senblait coutumier  pour lui.
Lui  qui avait déjà taté de la cabane dès l'age de 14 ans, au sortir d'un hold up à main armée, raté, à 
cause d'un gars qui l'avait balançé aux keufs.
Pour une histoire de nana.
Souvent les gars du quartier se balancent aux flics pour des rivalités de femmes.
L'argent en fait c'est pas grave, on est né sans et en réalité, on peut continuer à vivre sans.
Pas les femmes.
Ce pauvre gars a eu son compte en bastos dans la peau.
C'est pas Manigault, mais un copain qui lui a rempli le buffet.
"Le compte est bon, justice est faite." jubila Earl
Earl "the goat" finalement, moisira pour de bon et pour de longues années en prison, pas pour des histoires de vol de poules mais des histoires de drogue pour lesquelles la police de New York et ses petits juges sont sans pitié.
Il mourra en 1991 à l'age de 44 ans ce qui est vieux pour un ancien junky du ghetto, par rapport à beaucoup de collègues de Manigault généralement, qui passèrent de vie à trépas avant la trentaine.
Adieu Earl.
Passons à autre chose

Dans ce décor un peu craignos, était aussi et surtout, les dealers, des gars qui trainaient dans les cages d'escaliers, uniquement pour vendre ou acheter de la chnouf, la dope, la drogue.
Ici, c'est l'héroine qui tue rapidos ou l'herbe pour les tendres ou les fauchés.

De nombreux  copains à Earl sont passés ainsi, à l'étage supérieur.
Il se rappelle comme Archibald, de Ralph  Hall , un gars incroyable qui devait mesurer 1.96m-1.98m,  et pouvait jouer à l'arrière à l'aile ou au pivot, tellement il était polyvalent.
Il pouvait monter la belle sous le nez de gars pros en NBA comme Nate Archibald et finir la contre-attaque accroché au cercle, après un dunk ravageur et bruyant.
Ralph mourra broyé par la drogue, fauché en plein match, suite à une overdose.
Comme bien plus tard, Reggie Lewis cliquez SVP sur ce lien pour le découvrir

,le fabuleux drafté au premier choix par les  Boston Celtics, décédé en 1993, que votre serviteur a bien connu.

"J'ai vu des gars de 2.10m balancés dans des poubelles","Ils avaient abusé de la drogue" confiera Nate "Tiny Archibald à la presse, un jour devenu star de NBA meilleur marqueur de National Basketball Association à 23 ans aux Kansas City Omaha Kings, au classement , juste derriière le grand Lew Alcindor devenu Abdul Jabbar.

Cliquez ici SVP pour écouter la grande chanson de Stevie Wonder:"Living for the city", sortie en 1973
Archibald  né dans le Bronx et Alcindor né à Manhattan  sont tous les deux des enfants de New York city.
Parmi le nombre imppressionant de gars qui furent sacrifiés par la drogue, seuls quelques uns sauvèrent leur peau; comme protégés du bon Dieu.

Finalement, les Blue Velvet battront les Green Paradise sur le score étriqué de 65 à 60.En fait, à la différence d'un match de basketball beaucoup plus officieux et officiel, lesgars se battent de la première à la dernière seconde.
Comme si leur vie en dépendait.
Dans un match ordinaire de championnat organisé au niveau local ou régional, les gars peuvent et doivent se reposer par le système des rotations qui permettent aux jeunes de se faire remplacer, et donc de mettre la machine à l'arret.
Ne serait-ce que quelques minutes.






Pour faire un pas dans la Grande Ligue.
Parmi eux , Dexter Westbrook, un prometteur ailier qui sema la terreur sur les playgrpounds de New York. Il fut drafté par les Phoenix Suns au sortir de l'Université d'Iowa. Il fut pris à l'essai qui devait naturellement suivre une obligatoire préalable visite médicale.
Il avait des traces de piqures sur les bras.

Maintenant c'était au tour de Chamberlain de faire son numéro de jambes en l'air, et toute l'assistance qui n'avait d' yeux que pour ces-éloignés-de-la-NBA comme Earl,  Connie ou les autres, piaffait d'impatience.
Quand Wilt nous fera-t-il  son spectacle?..
Wilt après une interception et un remonté du terrain avec le ballon , comme il en avait l'habitude depuis ses 14 ans (il mesure tout de même 2.14m) de hissa au niveau de la raquette et infligea sous le nez de Manigault, un dunk  royal qui fit trembler le panier du playground qui, pourtant en avait vu bien d 'autres.
Vexé, Conie Hawkins comme à son habitude pris la balle au rebond du panneau à qui il manquait tout simplement le panneau , d'une Main et dans l'air avant d'atterrir sur le sol , il fit une passe à Earl Manigault qui comme relié par une relation pavlovienne avec le rebondeur, attendait avec impatience de démarrer une contre-attaque dont il a le secret de fabrication depuis la nuit des temps;
Quand il crevait la faim avant sa carrière universitaire.
Qui tourna court pour les raisons que l'on sait.
Earl démarra en feintant au démarrage et puis à gauche,  John Roche, le déjà vieux briscard de l'ABA contre qui, tous les tours de passe-passe de Earl étaient  toujours valables.
Malgrè le temps qui passe.
Apres deux dribbles de convenance dont d'ailleurs ils aurait pû se passer,  il arriva au niveau du lancer (pas)- franc, et entama son spécial: le dobble dobbery with a cherry on top.
Le double smash avec bras tendu en arrière.
Là c'en était trop pour l'assistance qui ne pût tenir le calme olympien qui jusque là , avait tout de même régné sur l'ambiance du match.
On eclata de joie et d'admiration et même Connie Hawkins, le fier ailier des Minnesotta Pippers d'ABA,  dut se résoudre à aller féliciter Earl.
La tension montait parmi les joueurs et l'assistance.
Pour calmer un peu tout cela, l'arbitre aussi excité que les autres, dut siffler un break, de manière à ce que les esprits se décontractent un peu.
"Hey , man" dira Julius à Earl, qu'il avait déjà renconter lors d'un match en un-contre-un mémorable.
Manigault qui, cette fois faisait à juste titre, le beau car il avait enfin sa reconnaissance des pairs: le respect et l'admiration des grands de la NBA., jubilait et remerciait Dieu pour ce bienfait.
La NBA, le territoire, la "Terre Promise"  qui lui a tojours été interdite.
Earl , comme beaucoup de grands joueurs de playground, n'implorait et remerciait Dieu que pour ses affaires de basket...

Julius avait en effet échangé des moments fabuleux avec Earl, lors d'un match sur le Holcombe Rucker playground.
C'était le jour de l'enterrement du frère de John Kennedy, Bob, assassiné à Los Angeles pendant les vacances de 1968.
Julius qui aussi passait son temps à 15 ans à penser à la "Grosse Balle orange", avait aussi pensé à juste titre qu'il n'y aurait personne sur le terrain.
C'était ne pas soupçonner Earl ...

Cet après-midi là, beaucoup de noirs des quartiers difficiles se trouvèrent devant la télévision, pour rendre hommage à ce gar-là qui, pourtant issu d'un meilleur milieu,  favorisé qui n'est pas le leur, avait lutté et sacrifié sa vie, pour la promotion de la communauté.
Cela eut pour conséquence de rendre désert le playground à un tel point que dès 8 heures du matin, il n'y avait pas un chat qui trainait balle en main, en terre de Harlem.
Sauf Manigault, qui pensant encore qu'il pouvait avoir une carrière pro pourtant jamais annoncée ni dessinée par des réalités concrètes du genre appels d'agents,  s'entrainait, s'entrainait encore...Jours ouvrés, jours fériés et jours chomés.  
Ce jour là, celui de l'enterrement de Bobby, Chamberlain, la star des Los Angeles Lakers se la coulait douce au fond du grand lit de son immense propriété de Bel Air, dans la banlieue chic de L.A, chez les super riches...en Californie.
Lorsque l'on arrivait devant le seuil de l'entrée de la propriété de Chamberlain où il décedera à 63 ans en 1999, il y avait le buste d'un aigle...comme pour indiquer que l'on se trouvait chez quelqu'un qui pensait et faisait tout en petit format....Toute personne étrangère y était interdite ...de raquette.
Deux immenses chiens malinois vous dissuadaient de pointer le bout de votre nez.

Les Harlem Globe Trotters

La pendule avait avancé beaucoup plus vite que ne  l' epèraient les joueurs du Holcombe Rucker Court de Harlem. Il était temps maintenant de cesser les festivivités et les exhibitions.
Laura Jackson, la mère de Julius,  avait en réalité suivi ce fabuleux match des gros bras de la NBA, ABA et autres ligues mineures.
Comme d'habitude , elle avait suivi très discrètement le match annoncé par le téléphone arabe, la rumeur et le bouche à oreille sur le playround, depuis un mois;
Les gars se bousculaient depuis dix années poir voir ce spectacle incroyable pour pas un rond.
Qu'il n'avaient pas les moyens de se payer, mais pour lequel, ils auraient tout sacrifié et supporté.
Même la matraque d'un flic...
Les premiers spectateurs arrivèrent déjà depuis l'époque de Jackie Jackson, le futur joueur des Harlem Globe Trotters.
Aux Harlems Globe Troters, Jackie avait connue la fabuleuse période des années 60's avec Meadowlark Lemon, qui arreta sa carrière à 40 ans passés et que votre serviteur pu admirer en 1974.
Il y avait aussi et depuis 20 ans, d'autres magiciens bénis des dieux comme Hubie Ausbie, aussi clown que Meadowlark, et surtout le petit par la taille Marques Haynes.
Marques Haynes qui naquit au début des années 20's...!! Il
Marques Haynes (2e accroupi à droite, sur la photo), dribblait fabuleusement et surtout si j'ose dire était fantastique car au contraire de Ausbie, Lemon et les autres, il ne parlait jamais.
Il faisait à mon avis croire qu'il était sourd et muet, cela embellissait l'image que l'on avait des Harlem.
cliquez sur ce lien SVP our connaitre leur site..

Les Harlem ont été inventés par un génial homme d'affaires du Bronx appelé Abe Saperstein. dans le même esprit que les New York Renaissance; équipe composée de noirs américains.
 Saperstein imagina en pleine crise économique , cette équipe de joueurs de basketball de haut niveau, avec un autre but bien nécessaire à cette époque! divertir et amuser la galerie.
Ce sera partie gagnée avec une bande de grands joueurs qui écumèrent dans le monde entier... stades et salles  pleines.


Jackie Jackson était aussi passé par les Knicks de New York de la Belle Epoque.
Quand les Knicks tenaient la dragée haute aux Boston Celtics de Bill Russel.
Il était considéré par beaucoup de gars comme un vétéran, un rescapé du ghetto, comme épargné par les Dieux du basket, malgrè la drogue, la prison et la mort violente qui rodent du coté de Harlem.

Sur le Holcombe Rucker playground, Jackson avait depuis, longtemps, installé son quartier général et sans se poser de questions, venait chicorer avec les grosses pointures de la NBA, ABA et autres ligues mineures.
Une célèbre photo datée de 1973, que je vous montrerai le mois prochain, nous montre Nate Bowman, lors de cette édition du début des 70's disputer la balle à Willis Reed, pivot des Knicks, et Freddy Crawford, alors aux Harlem alors tous deux All Star aux Knicks.
Nae Bowmann, doublure au pivot de Willis Reed, aux célèbres Knicks du début des 70's, est depuis 1984  au Paradis du basket.
 Dans l'assistance, avec des lunettes de soleil, probablement pas pour cacher ce géant de 2.18m,  Abdul Jabbar, alias Alcindor, alors meillleur joueur et marqueur de la NBA...avec Nate Archibald.
Nate Tiny a toujours préféré le Rucker à toutes les autres parades de vedettes durant l'été newyorkais.
Où il fait chaud de sueur et de peur...
Même devenu riche grace au basketball, il continuait à tainer ses guêtres du coté du playground, comme à la recherche de ses racines et peut etre pour se prouver qu'il na pas oublié d'où il vient.
De la Rue...à un double-pas du caniveau 

















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