La mort de Max Roach

Publié le par Jean-Marie Tartane

 

 

Le Monde Le percussionniste et compositeur américain Max Roach est mort à New York à l'âge de 83 ans, a annoncé jeudi sa maison de disques, Blue Note. Atteint d'un cancer depuis quelques années, "il est mort dans son sommeil", a précisé Blue Note. Né le 10 janvier 1924 d'une mère chanteuse de gospel, il grandit à Brooklyn, où il chante lui aussi dans un chœur. Il reçoit sa première batterie à l'âge de 12 ans, et débute quatre ans plus tard, remplaçant au pied levé le batteur malade de l'orchestre de Duke Ellington. Après des études à la Manhattan School of Music, il se forme surtout dans les boîtes de nuit de Harlem, notamment au Minton's Playhouse, où il participe avec Charlie Parker (photo cidessous à gauche avec Miles davis, le trompettiste) et Dizzy Gillespie  (photo dessous à droite) à la naissance du be-bop. Max Roach Salut Max, tu es parti au Paradis des Musiciens Black, retrouver tes pairs qui pourtant musicalement n’étaient pas tès pères. Tu es parti le 16 août 2007 à l’age de 83 ans. Finalement, la Grande Faucheuse t’as eu. Elle a mis le grappin sur toi, alors que moi qui suivais ta vie personnelle et musicale depuis que j’ai pris en pleine gueule, la musique de Charlie Parker en cette année 1987, je me disais que tu ne partirai jamais. Tellement je t’ai vu à la télé française souriant et frais comme un gardon qui vient de nous jouer un tour. Coucou, me revoilou J’étais à la découverte des sources du jazz, avec le coffret de Verve, cette vénérable maison de disque de New York qui était aussi la tienne. A la découverte du temps perdu et de votre œuvre, bien synthétisée à l’époque, par l’excellent film de Clint Eastwood (Bird). et de l’Univers du jazz, je m’étais mis .à écraser sur la platine, les disques de tes pairs.

Parker er Davis, (photo Blues for peace)
Tu as perdu tant de compagnons de scène disparus non dans leur lit de mort, encore moins dans celui d’une de leurs nombreuses maîtresses, mais tout simplement à coup de seringue ou de goulot de bouteille d’alcool, comme Charlie, Dexter Gordon, Chet Baker, Miles Davis et tant d’autres, j’en passe et des meilleurs, que c’est comme un miracle venu des Verts Pâturages, que tu sois invité par Moise à renter au bercail, à un age si avancé qui approchait le Siècle.
Tu as vécu deux vies Max. Dans ta Vie d’octogénaire, on aurait pu faire rentrer 3 Clifford Brown ou Richie Powell, 4 Lee Morgan ou Charlie Christian, 2 Charlie Parker ou Thelonius Monk etc… Te rappelles-tu cette photo où tu es coté de Clifford Brown, le trompettiste merveilleux et du petit frère au grand Bud Powell, peu de temps avant l’horrible accident de la route qui allait les emporter à 26 ans. Sauf toi. Tu étais comme protégé par les Cieux , qui comme semblaient vouloir te laisser sur terre pour pouvoir nous faire profiter de ton talent de batteur et de compositeur.
Les chiens font pas des chats : En fait, enfant à la croisée des destins de la musique noire, puisque né en Caroline du Nord, l’un des foyers de la révolte spirituelle noire (premiers sittings et refus de céder à la ségrégation dans les restaurants), grandi à Brooklyn New-York USA, tu es le fils d’un mécanicien automobile qui aurait pu travailler à Detroit, siège de la Tamla Motown, la ville de tes enfants spirituels, les souls men, les chanteurs de la Tamla Motown, sortis de l’imagination féconde de Berry Gordy.
Ta génitrice et matrice était et cela n’est que naturelle source de bienfait, une chanteuse de gospel ; T’en avais de la chance comme moi, d’être né dans le ventre et le cœur d’une noire artiste de voix qui chantait » Swing low, sweet chariot, going for to carry me home.» tout comme maman chantait: " Michaud veillait, un soir dans sa chaumière, près du hameau, il gardait son troupeau. Le ciel brillait d’une vive lumière et se mit à chanter. Je vois, je vois l’étoile du berger». Le pianiste Bud Powell, photo ci dessous)( photo plenae jazz.jpg)
Un des derniers témoins vivants du jazz produit par les légendes de cette musique, tu faisais partie intégrante de ce club restreint des Grands Musiciens de jazz du 20 e siècle. Ce siècle nous enleva nos stars comme la voiture-balai du Tour de France ou le vent qui lui aussi, balaie les feuilles encore vertes, mais qui ont eu le malheur de se détacher de l’arbre. Par fatigue, laminées par les années et la dureté de la Vie qui les traite comme «moins qu’un chien», comme disait le titre de l’autobiographie de Charlie Mingus, le grand contrebassiste qui mordait dans la vie et qui finit aussi par lâcher le morceau à un age encore mur. JMT
Discographie: · 1955 : Study in Brown (avec Clifford Brown) · 1956 : Clifford Brown and Max Roach at Basin Street · 1957 : Jazz in 3/4 time · 1960 : We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite · 1960 : Long as you're living · 1961 : Percussion Bitter Sweet · 1962 : Speak, Brother, Speak! · 1962 : It's Time · 1978 : Birth and Rebirth (duo avec Anthony Braxton) · 1978 : Long time at circus yorks · 1979 : The Long march (duo avec Archie Shepp
Max Roach
(photo Planet Jazz)








Publié dans Basket et Musique

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