NBA, NCAA et les études

Publié le par Jean-Marie Tartane

 
NCAA NBA et les études, une affaire sérieuse (courrier)
Jeudi 29 janvier 2004
 
 
 
 
 
Le basket américain et les études, un sujet quoi? Il hantait notre jeunesse dans les années 60 et 70 car on se demandait comment on pouvait faire pour être un sacré basketteur et un bon étudiant. Pour en parler, j'ai choisi de commençer par parler de ces joueurs américains qui venaient en France aprés souvent un bon parcours universitaire et de basketballmais un echec en NBA ouis enchainer avec sa problèmatique propre.
Ce sont les Leroy Ronald Johnson, Carmine Calzonetti, etc..Les pionniers en France milieu des années 60:
Les américains sont arrivés au compte goutte dans le basket français, au début des années soixante, Martin Freiberg, Franck Jackson, Leroy Johnson évoluèrent tous les 3 au PUC ou à Caen BC.
Leroy Johnson (1.96m,1939), diplomé d’Indiana University, que j’ai très bien connu lorsqu’il finit sa carrière à la Fraternelle d’Aulnay sous bois fut le meilleur marqueur du Championnat de France durant 2 années de suite. Il arriva en France, pour poursuivre ses études d’histoire. Il s’inscrivit à la faculté de Nantes, tout en jouant à l’ABC Nantes qui était en 1ere division.
Après ses études à Indiana University et une grande carrière universitaire durant laquelle il joua avec Walt Bellamy contre Wilt Chamberlain alors étudiant à Kansas-jayhawks (son pantalon de survêtement m’arrivait au menton me confia-t-il) , Leroy Johnson émigra en France donc et fit parler la poudre à l‘aile et surtout au pivot.
Leroy Johnson dont je consacrerais prochainement un dossier, est aujourd’hui en retraite après une belle carrière de lecturer puis professeur à l’Université du Michigan-East Lansing et de New York.
70, vit une vive accélération du phénomène: Rudy Bennett (1.96m/1947), Larry Robertson (1.92m/1943) et Barry White (2.01m/1948) signèrent à la JA Vichy et laissèrent des traces pour des années encore du coté de l’Allier.
Ceux-là étaient de véritables professionnels gagnant 20 à50.000 francs par mois! (8000 euros) Vous vous rendez compte ma bonne dame.
A ce prix là, on n‘a même pas un kiné dans un major club...
Dan Rodriguez (1.86/1946) arriva à Antibes et Bob Purkiser à l’ ASVEL avec qui il gagna plusieurs titres.
Robert “Bob” Purkiser (1,88m/1943.1982), était diplômé de la Purdue University, une des meilleures université américaine en économie et psychologie industrielle.
Je me rappelle avoir travaillé en IUT sur un livre de psychologie industrielle du grand professeur Mac Cormick de Purdue.
Malgré tout, même si ces quelques joueurs avaient des belles petites gueules d’étudiant, ils n’en étaient plus non plus.
Parmi la cinquantaine d’américains qui arrivèrent en France dans les 60’s et 70’s, seule une vingtaine étaient de vrais étudiants, c’est à dire vinrent en France dans l’objectif principal de décrocher un diplôme dans nos célèbres universités.
Un des plus incontestable vrai étudiant-basketteur était Carmine Calzonetti.
Carmine Calzonetti (1.86m/1946) étudiant en maîtrise de psychologie à la fac de Nantes et joueur à l’ABC Nantes en 1970 à 1973, remporta le titre de champion de France universitaire en juin 1971 avec la fac de Nantes comme meneur de jeu..
Faible compensation de la dernière place de l’ABC en Nationale 1.Bravo Carmine , tout de même.
Aujourd’hui il est coach à Saint John’s University, une des meilleures de NCAA.

Quelques impressionnants intellectuels foulèrent les parques dans les 60'et 70'.
Glen Richgels (2.00m/1949) était agrégé de mathématiques à Paris Jussieu et joueur du PUC, vrai repère de grosses têtes.
Il fut le pivot de cette vaillante équipe entrainée par Jacky Renaud (plus tard coach de Hyères Toulon), qui ne gagna que 2 matchs en 1 ans de N 1 (1971.72).
Ted Manakas (1.86m/1949) signa à Antibes en 1974.75. Manakas est diplômé de la fameuse université de Princeton, une des équipes de l’Ivy League, c’est à dire le championnat inter-grandes écoles en NCAA.Manakas joua donc dans la même équipe que Bill Bradley, l’actuel sénateur du New Jersey dont je parlerai plus loin.

Police 

L’Ivy League (Princeton, Cornell, Harvard, Stanford,Darmouth College ..) c’est la réunion du nec-plus-ultra intellectuel du dessus du panier spirituel américain pour reprendre la belle expression de de mon ami Jean Jacques Maleval, un des meilleurs journalistes de basket américain dont je vous conseille de lire le livre “ce fabuleux basket américain”.

En NCAA, une obligation de passer ses 4 années d’études:
Durant les 60’s et 70’s, la plupart des basketteurs américains qui arrivèrent en France étaient titulaires de maîtrise (bac = 4), car à l’époque, le règlement obligeait les sportifs-étudiants à finir leur 4 années avant de se positionner pour la DRAFT.
Quelques premières rares exceptions virent le jour comme pour Spencer Haywood (2.06m/1946) en 1968, après les JO de Mexico qu’il écrasa de sa classe en enlevant la médaille d’or avec l‘équipe des USA..
Ainé d’une famille très nombreuse et désargentée, Haywood (voir photo) fut le premier à passer directement du lycée à la NBA.
Les Seattle Supersonics n’eurent pas besoin de vérifier ni son identité, ni sa culture générale à l’orée de la saison 1968.69, et mirent au centre de la raquette en défense.
Les millions de dollars qu’il gagna par la suite lui permirent de payer des études à ses frères et soeurs
Ensuite en 1974, Moses Malone (2.06m/1955) le plus malin pivot de l‘histoire des Sixers de Philadelphie, se vit accorder pour les mêmes raisons, la même faveur, puis apparurent William Willougby, Darryl Dawkins (voir photos) Kevin Garnett etc..

Quelques grands basketteurs et étudiants en Europe durant la période 1965/1973.
En dehors de notre cher hexagone, quelques grands cerveaux s’arrêterent en Europe pour finir des études très sérieuses et supérieures.
William “Bill” Bradley (1.96m/1946) déja diplomé de Princeton (avec qui il fut élu “all american”et Rhodes Scholarship) et Harvard, finit ses études de droit à Oxford Grande Bretagne, tout en se dégourdissant les jambes au Simmenthal de Milan-Italie, en Coupe des Coupes (actuelle Euroligue).
Men sanain corpore sano.
Après les JO de Tokyo auquels il participa et où il gagna la médaille d’or, avec Hoskett, Jojo White (Kansas-Jayhawks) Bradley (voir photos)surnommé “Dollar Bill” car son père était banquier, fut drafté par les new Yorks Knickerbockers (les culottes bouffantes de New York) avec qui il gagna le titre NBA en 1973 en tant qu‘arrière 6e homme.
Il s’est présenté aux primaires de 2000 avec l’investiture démocrate pour la présidence des USA, que gagna Bush.
Certaines belles langues prédisent que 2004 sera son année...
Bravo Bill tout de même pour l‘exemplarité dont tu as fait preuve.

Thomas “Tom” Mac Millen (2.11m/1952), le pivot effacé et consciencieux de Maryland university et de l’équipe olympique US des Jeux de Munich 1972, fit me même chemin scolaire que Bradley vers Oxford et l’Italie en 1972.73.
Il joua à la Synudine de Bologne en Coupe des Coupes.

Tom obtint à Oxford,tout simplement 3 masters en économie, sciences politiques et philosophie!;
Il déclara récemment avoir tout fait pour être le premier Rhodes Scholarship de Maryland University.
Il eut une carrière pro de 11 années à Buffalo, New York etc..(voir photo).
La photo datant de 1972 après les JO, de Tom félicité par le président Richard Nixon est une des fiertés de Maryland.
Tom eut 3 mandats de membre du Congrès du Maryland et ne renouvela pas sa candidature.
Depuis il a créé et revendu 4 entreprises .
Toujours sans enfants à 50 ans, habitant à Washington ,mais se déplaçant à travers tous les Etats Unis quotidiennement, il déclare que c’est son seul regret.
Après Bradley c’est la plus belle mécanique intellectuelle du basketball.
Prochainement je vous raconterai des scandales qui ont jalonnés l’histoire du basket universitaire américain dans les 70‘s:...faux étudiants, vrais joueurs et vrais salaires occultes... tout une histoire

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