Petite histoire des agents du basketball France

Publié le par Jean-Marie Tartane

Histoire des agents dans le basketball français (courrier)
01/07/04
20:05 29/05/04
Agents de joueurs, anges ou démons?
Cela fait longtemps que je voulais écrire sur les agents de joueurs en France depuis le début des '70.
Ces personnages qui défraient régulièrement l'actualité sportive et judiciaire (Courbis, Rose) ,hantent les nuits des présidents de clubs
A quelle sauce va nous manger l'agent de ce joueur que nous convoitons?
En 1970, rassurez-vous les mœurs n'en étaient pas à ce qu'il sont maintenant, c a d une simple guerre aux couteaux et à la surenchère sans fin, amenant à la ruine des clubs pourtant pleins de vertus.
Voici quelques réponses auxquelles, je vais essayer de répondre sur cet épineux dossier des agents de joueurs
De l’époque amateur aux contrats de travail à plusieurs zeros , il y a eu certes une progression considérable des performances des joueurs et de la médiatisation du sport.
Il y a eu tout de même une amélioration des performances des joueurs, mais malgrès tout u, avoi-faire des agents qui s’est perfectionné, même si on est encore loin du modèle américain.
De papa et maman, on est passé à son ami, puis son voisin et actuellement à des sociétés de marketing sportif via des anciens joueurs pro.
Ouvrons le dossier

une évolution au pas de charge, rythmée par l'essor de l'économie du sport notamment du basketball.
Avant toute chose, nous allons définir ce qu'est un agent de joueur:
Un agent de joueur est une personne physique (à l'époque) ou morale (tendance actuelle) qui représente les intérêts et l'image du joueur auprès des divers interlocuteurs de sa vie sportive à savoir les présidents de clubs, les annonceurs (publicité), la presse, etc...
Ils négocient les contrats de toutes sortes: embauche, publicités, interviews, et gèrent les carnets de rendez-vous, une des dernières et non la moindre attribution est le conseil en carrière.
Les carrières sont plus courtes qu‘avant, elles doivent en être tout autant mieux managées..
Quelles étaient less attributions, rémunérations, statuts des agents il y a 30 ans?
Qu'en est-t-il maintenant?
Leurs influences sont-elles intenables aujourd'hui?
Le statut, la qualité et l'influence des agents dans le basket français a suivi la progression économique du basket. L'intensité capitalistique des échanges a amené la nécessité de davantage "professionnaliser" la profession.

Des papas et des mamans;
Au début, les joueurs étaient défendus par leurs proches voire leurs très proches.
Exemples: Alain Gilles des années 70's avait sa femme, Stephane Lauvergne en 1991 à Levallois était épaulé par son père comme de nombreux joueurs d'ailleurs.
Une personne extérieure n'était jugée inutile quand le joueur n'avait pas à gérer différents contrats autres que son salaire, surtout s'il est un joueur mineur.
Approche amateure d’un monde sportive en pleine explosion...professionelle.
Lorsque la dimension financière du joueur devient telle que la présence d'un professionnel en droit et finances s'impose alors intervenaient des personnes très compétentes dans ces 2 domaines:
En Europe au début des années 70’s officiait un américain Rich Kanner qui avait le marché des américains d’Italie (Morse, Fuks, Mac Millen la grosse tête , etc..).
Jim Mac Gregor, est aussi un des premiers agents venus de l'Ouest en France:
Au début des années '60s , un génial américain dénommé Jim Mac Gregor organisa en France une tournée annuelle d'un équipe qu'il avait lui même composée "Les Gillettes All Stars".
Sponsorisée évidemment par la grande marque de lames de rasoirs, à l'instar de l'équipe de Goodyear à Akron en Ohio, ça c’est vraiment un coup de génie inventif des ricains.
Cet évènement permettant son implantation et sa popularité en France, Mac Gregor eut l'idée de défendre les intérêts des joueurs majeurs américains évoluant en France...Tout en organisant des camps d'été de baskettball en Italie, pays ou il était résident.
En fait Mr Mac Gregor qui nous a quitté fut un des pionniers du marketing sportif à l'instar des son compatriote Mark Mac Cormak (1920.2003) qui lui créa l'empire IMG International Management Group.
Nous parlerons dans la page suivante de Mac Cormark et d‘IMG.
Finalement pendant 25 ans, les agents étaient d'anciens joueurs ou grands joueurs comme Alain Larrouquis (Pau-Orthez),Craig Spitzer (Chicago Bulls), Bounia N'daye (Levallois), Bob Purckhiser (ASVEL)ou le martiniquais Jean Cotellon (Bordeaux) qui s'occupait des antillais (Courtinard, Bilba etc..) avec sa société Pepper Star ,basée à Pau.
Halte à l’amateurisme à l’heure du professionalisme européen:
Les joueurs français n'avaient toujours pas de vrais spécialistes dans une discipline transversale qui touche au métier d'agent.
Il fallut attendre la fin des années 90's,pour trouver des joueurs français défendus par des spécialistes.
L'absence de réglementation au niveau ministériel autorisait n'importe qui à endosser l'habit d'agent sans condition de diplôme ou moralité, ni même expérience.
L'arrivée de la droite au pouvoir en 1995, changea les choses puisque furent réclamées le respect de critères cités plus haut par le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour le dépôt d'un dossier de candidature.
Une caution bancaire ou personnelle (à l’instar des agents immobiliers)étaient également requise pour exercer.
Cette évolution des mentalités donc des pratiques n’était pas que symbolique, puisque enfin, les plus hautes autorités de l’Etat comprenaient qu’il fallait cesser de concevoir notamment le basketball comme une activité ludique et amateur exercée à tous les niveaux par des personnes désintéressées donc respectables quoiqu’ incompétentes.
Par la force des choses, les agents au fur et à mesure prirent donc un habit juridique ou financier puisqu'ils étaient généralement des avocats comme par exemple la famille Bertrand (Jean-Jacques puis le fils et Jacques) puis Dominique Legros ou des fiscalistes .
L’arrivée de start-up créés par des trentenaires bien formés et bien payés fin des années 90’s
Il était temps, car enfin arriva ce qui devait depuis longtemps arriver: des jeunes agents à l’intérieur de sociétés collectives par actions ayant une stratégie commerciale et financière mondiale et non-plus franco-auvergnate.
De toute façon, vu la configuration du terrain, la disparition du basketball de haut niveau serait arrivée (pas de média, pas de télévision, pas de grandes salles, pas de public, pas d’argent dans les caisses des clubs) si ce sursaut n’avait pas eu lieu, malheureusement encore impulsé par les pouvoirs publics.
ACMT société basée en Italie, Anypex en Indre et Loire , et quelques autres appartenant au réseau Eurobasket constituèrent un tissus d’agents ayant une vision et action à la fois locale et internationale
Cela a permis ainsi le replacement dans d‘autres pays de l’Europe de Maastricht, des joueurs ne trouvant pas employeur sur le marché français très étroit . ce phénomène a été favorisé par le développement de la pratique de l’anglais par ces agents du 3e type ,qui ont enfin fait des études et qui ne circulent plus comme leurs collègues des années 80’s (voir plus bas) avec des bagouses dans des limousines (limogines) aux méthodes de parrains du milieu.


Didier Rose,(photo de gauche)
De la tornade verte du banc des joueurs du CSP Limoges au banc du tribunal de... Limoges:
Le CSP Limoges faisait des merveilles en Championnat de France et Coupe européenne et lui, qui pourtant avait vécu la montée de régionale des 70’s au firmament de la Pro A des années 80's,faisait banquette depuis 2 ans, et dit-il "j'ai commencé à réfléchir à mon avenir"
"J'avais devant moi, l'équipe de France de basketball (Ostrowski, Dacoury, Deganis, Monclar puis ...M'bahia), dont la plupart étaient défendus par personne en particulier, alors j'ai décidé de me lancer".
Rose a tenu une place à part dans le paysage sportif français:vous allez tout de suite comprendre pourquoi
Rose avait la particularité d'être ainsi, agent des joueurs, au comité directeur du club (juge et partie), et dirigeant de la société chargée du sponsoring du club.
C'est ainsi que Didier Rose (né en 1952) devint le plus gros et riche agent de France puisqu'il prenait 20% aux clubs et au joueurs, ce qui constitua d'ailleurs un des chefs d'inculpation lors du procès des dirigeants du CSP Limoges en 2000, en raison de l'illégalité du principe du double commissionnement et de la confusion des genres, maladie bien franco-française.
Comment la fédé a-t-elle pu fermer les yeux sur ce scandale à ciel ouvert?

Les budgets des clubs de l’élite ont été divisés par 2 en raison de la folie gourmande des agents....le football français suivra
Les quelques mois de prisons qu'il a fait , Mr Rose ne les a finalement pas volés (ceux-la du moins).
La soit-disant “ruine” qui s'en est suivie ne nous mettra pas les larmes aux yeux vis à vis d’ un homme qui fut pendant 15 ans , le plus riche du Limousin (plus de 500 000 francs par mois de revenus) et disposant de plusieurs Porsche, Jaguar et Mercedes...tout en contribuant au vu et su de tout le monde à la faillite du grand CSP Limoges..
Et en donnant l’exemple aux autres clubs pour faire pareille chose, à amener les clubs français à une faillite potentielle, par une surenchère dans les salaires exigés par les agents.
Songez d’après Franck Butter le pivot limougeaud , champion d’Europe en 1993, et devenu chomeur en 1998 lors de la crise économique des clubs, qu’ils gagnaient jusqu’à 300 000 francs par mois, et que de simples remplaçants de 20 ans sans expérience, émargeaient à 100 000 francs sans jouer pour autant.
L‘éclatement de la “bulle basket“, même si salutaire, (comme l’eau ferrugineuse),a amené la dégringolade des salaires et du niveau des joueurs français et donc surtout... américains..qui ont à peine le niveau de 2e division d‘il y a 15 ans. ..tout en mesurant presque 10 cms de moins

Voila, je vous ai retracé les glorieuses et tumultueuses pages de l’histoire des agents de notre pays.
Elles sont à l’image du sport finalement. Désirs et passions, trahison et condamnations, gloire et chutes
Le mois prochain, je vous dresserai un portrait du budget des clubs de l’élite à la fin des années 90’s.
Va falloir s’accrocher.
Salut et au mois prochain avec Legendeduasket
Jean-Marie

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scoubab00 03/03/2011 16:41


Le plus troublant, Jean-Marie, c'est l'utilisation des deniers publics. Que dans un cadre privé, il y ait double casquette, comme dans le cas de Rose, bon on peut l'admettre éventuellement. Mais
que l'argent public ait été claqué de cette façon, c'est scandaleux. Ca me rappelle le déficit public énorme avalisé par le maire Chaban-Delmas pour son club de foot de Bordeaux dans les années 80.
Et le plus piquant, c'était que le président du club en question était un certain Claude Bez : un expert comptable !!!


André KAMBAJI 31/10/2009 22:27


Tu nous manque notre cher ami mais c'est toujours avec plaisir que nous revenons sur ton blog


André Kambaji 22/01/2009 14:01

Comme ça se discute dans les allées du CNAM, ce blog en vaut la peine

Jean-Marie Tartane 22/01/2009 21:28


Merci André pour tes encouragements;
Il ne me manque plus qu'à gagner ma vie avec ce blog
Jean-Marie