Le naming des stades (courrier aux Echos)

Publié le par Jean-Marie Tartane

Monsieur Bertrand,

 

 

Je fais suite votre excellente étude sur le développement timide et primaire du naming en France.

Cet article que j’ai trouvé bien écrit encore une fois, bien dans la lignée des autres articles de marketing que je trouve de qualité dans les Echos, m’a décidé à m’abonner à la version papier des Echos.

N’en faites pas un parallèle inconscient de ma part au fait que depuis que l’industriel que vous connaissez à mis le grappin sur votre marque pour l’annexer à son groupe industriel et de presse, faisant à son tour une espèce de naming rampant , par l’effet inconscient et conscient qui s’effectue dans l’esprit du public, lecteur ou non de votre excellent journal.

 

Quelques réflexions qui apparaissent de surface me paraissent en fait de fond, et ont bien positionné l’étendue de la problématique qui se présente à la « France qui bouge ». Certains qui sont malheureusement aussi des journalistes,  hésitent ou même refusent de  prononcer le nom du sponsor qui a donné son nom au fameux tournoi de tennis de Bercy, oubliant que les sportifs aussi doivent être payés.

Cela me rappelle un peu notre classique Molière qui fait dire à son personnage « cachez ce sein que je ne saurai voire ».

Un avant-gardisme, voire une certaine ringardise, bloque notre pays à la vue de l’intrusion de tout ce qui ressemble à la publicité dans l’enceinte du monde sportif, hormis les maillots ou les panneaux, sponsoring classique qui a tout d même plus de 80 ans, aux États-Unis;

Cela me rappelle aussi; les blocages créés depuis 20 ans, lorsque tout ministre des universités tente de rapprocher l’École du monde de l’Entreprise, sous prétexte que cela livrera aux marchands du temple ,notre vénérée mais aujourd’hui miteuse Ecole républicaine.

L’amour des vieilles pierres et des monuments historiques doit avoir des limites…

Cette nostalgie de l’école, non d’hier mais d’avant-hier (19e siècle), puisque dépouillée de tout actualité contexte économique et social, est poétique et ferait bien pleurer dans les chaumières et nos poètes rimbaldiens et baudelairiens, mais elle, comme disait notre comique Coluche qui lui a été fâché pour les mêmes raisons avec l’École, « ne fait pas avancer le schmilblic »

Préférer livrer notre sacro-sainte École à l‘ANPE  au manque chronique d’équipements informatiques et de personnel, et finalement à la déception des étudiants et lycéens français, plutôt qu‘à la réussite sociale et économique est une attitude négative tout autant que nuisible à la bonne marche du Mammouth Allegrien. Un certain Bill Gates, méprisé par l’Intelligentsia parisienne parce que trop riche et donc intéressé, n’a t-il pas financé dans plusieurs école noires et chicanos du  Bronx de New York et autres quartiers déshérités de grandes métropoles américaines, des ordinateurs connectés à Internet et des uniformes de manière à resserrer l’indentification au groupe et conscientiser sur la gageure de l’École et donc cesser l’affichage permanents d’ados, habillés avec ce qui traîne dans les poubelles, pour se présenter au collège et au lycée.

Dans le monde du sport français, le Mal est pratiquement le même, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Des médailles d‘or d’antan fanées de clubs historiques en faillite aujourd’hui et désertés de leurs meilleurs joueurs et espoirs, ou simplement disparus, sont les paysages que nous délivrent les blocages des dirigeants de nombreux clubs amateurs et même professionnels à l’ouverture de leur Chose au monde du sponsoring, même maillot, et du financement des grosses dépenses par le naming ou  l’entrée en Bourse, ces mêmes dirigeants et environnements  préférant tirer le diable par la queue et savoir que du jour au lendemain, les créanciers peuvent les contraindre à mettre les clefs sous la porte, à la différence des clubs voisins italiens, anglais ou allemands, qui ont depuis longtemps bien compris sans a priori, les avantages considérables de ces deux pratiques marketing.

On a commencé en France à sérieusement considérer le sponsoring maillots des clubs pros français de basket-ball, qu’à partir du milieu des années 80’s…alors qu’il a commencé en Italie, grâce notamment à la société IMG du regretté Mark Mc Cormak,  dès le milieu des années 60’s via les commanditaires (Innocenti Milan puis Cinzano de Milan, Ford Cantu, Mobilgirgi de Varèse etc…).

 

Le naming a commencé dans le monde du basket pro (NBA), depuis le début des années 71‘s, quand les Lakerss de los Angeles, ont accepté de livrer leur enceinte du stadium ou évoluaient Magic Johnson et Abdul Jabbar,  à la société Gulf. Idem à Indianapolis (Indiana Pacers) etc….

 

Autres lieus, autres mœurs.

Merci pour vos excellents articles, et continuez.

 

Je vous prie de croire en l’expressions de mes sincères salutations.

 

Tartane Jean-Marie

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans communication

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