René le Goff (dernière partie)

Publié le par Jean-Marie Tartane

Paris année 50’s :un poulbot à Paris avec un ballon de basket-ball sous le bras.
La jeunesse de René le Goff pourraient s’incruster facilement dans un film de François Truffaud , où on nous raconterait les ébats d’un petit parisien qui a le cœur pris entre deux amours (inconciliables ?), l’intérêt pour l’école et l’amour du basket-ball.
Les images de jeunesse à Paris, n’auraient pas à rougir de la ressemblance avec les photos en noir et blanc du grand photographe des années 40’s, Jacques Doisneau et du petit poulbot qui va apporter à sa mère sa bouteille de lait sous le bras. Au pire en traversant la rue pour aller à l’école primaire au risque de se faire écraser par un camion de livreur imprudent qui s’engagerait Place de la république.
Place de la République, c’est là qu’a grandi René entre les bistrots de la place et le magasin de boucherie que tenait son père, et dont la bonne barbaque, viande alléchante, viendra quelques temps plus tard enchanter les babines de son futur président du Racing Club De France, le regretté et tout autant emblématique propriétaire du café bar La chope de la République, de la place éponyme, Justin Saint-Chély..
Justin
Justin Saint-Chély aujourd’hui au Paradis du basket c’était avant tout un sourire dévastateur que l’on rencontrait aux réceptions d’après match, qui communiquait sa passion de la rencontre de l’autre.
Celle qui fait de vous un grand commerçant et un dirigeant d’exception.
Donner sans compter pour le basket-ball parisien à travers son Racing Club de France semblait être son maitre-mot.
Transmettre à ses Enfants était sa devise.
Le petit René par un heureux hasard géographique et un rendez-vous certain avec le Destin se devait d’être parmi les Enfants de Justin.
Le Racing Club de France, cette Vieille Dame qui est chahutée régulièrement par les urgences de la hiérarchie sportive qui répond de plus en plus à la puissance de l’Argent. C’est un de ces grands clubs omnisports mythiques parisiens, survivant de ces dernières époques tumultueuses, Grande Maison qui marque l’histoire du sport de par la qualité de ses dirigeants, joueurs et principes d’éducation, mais également par l’intensité de ses résultats nationaux et internationaux, dans bien des disciplines du sport individuel que collectif.
Les « ciels et blancs », couleur du maillot de ce club que les dieux du basket-ball ont comblés de leurs grâces au début des années 50’s par les titres de champion de France qu’ils gagnèrent à plusieurs reprises avec panache, à l’époque où le basket-ball français était surtout une affaire de patronage, de soutanes et de paniers dans les cour d’écoles.
Le petit René ira au Grand Racing des années Monclar, fier comme Artaban, faire son apprentissage du basket-ball, armé de sa culotte courte et de son cœur conquérrant.
Qui ne le lâchera jamais.
A cette époque de l’enfance sous le Général De Gaulle de la fin des années 50’s, les souvenirs forts et remarquables accumulés dans l’inconscient d’un gamin , seront autant de points marqués pour le futur, vers la certitude d’une prochaine vocation comme joueur dans ce même Racing Club de France et …comme dirigeant.
Côtoyer à cet âge innocent les champions de ce club comme outre Monclar père, Thiolon père, et autres Freimuller, des gentlemen en survêtement, donne des idées tout du moins et de l’ambition.
Cette ambition qui se décline chez tous les gamins d’hier et d’aujourd’hui dans le monde sportif, le basket-ball en l’occurrence.
Et sur les bancs d’école.
Ce qui est fascinant et des fois agaçant à Paris, c’est la possibilité de décliner en marque fatale dans l’histoire de la ville et du pays, le nom d’une entreprise parisienne, d’une rue parisienne ou d’un club parisien.
Le Racing Club de France en fait partie de ces emblèmes du sport français avec des dizaines de médaillés aux différentes disciplines qu’elles furent à l’époque, olympiques ou pas .
Le basket-ball français est pourtant né dans une cour de patronage parisien, la YMCA (Young Men Chrstian Association), de la rue de Trévise dans le quartier de Bonne-Nouvelle du 9e arrondissement.
C’est dans des clubs aristocratiques comme le Racing Club de France que le Global Game, néanmoins trouvera le meilleur cadre institutionnel pour se développer et s’exprimer en dehors des considérations partisanes, voir politiques, mais avec d’autant plus une organisation amateure disposée par des professionnels, bien souvent cadres en activités, qui ne concevaient pas la pratique d’un sport formateur de plus, sans la mise en place d’un réseau financier, organisationnel et de bénévoles concentrés sur la chose :la Grosse Balle .

Le RacingClub de France
Fondé en 1882 par Georges Saint-Clair et Napoléon Ney, une paire de bourgeois rêveurs invétérés comme seuls le sport et l’industrie en ont connu parmi leurs inventeurs, le Racing Club de France avait bien à la base, calqué son système d’éducation sur le système à l’anglo-saxonne, «l’american way of life » qui passait par la pratique sérieuse d’un sport amateur..
La régularité de la présence aux entraînements et au club à travers les années, sera définitivement l’avantage concurrentiel des « ciels et blancs » sur le reste de la communauté parisienne puis française.
A ce point que quelques mauvaises langues, surtout quand le Racing commença à glaner des titres nationaux, au début des années 50’s, dirent que les gars avaient un comportement de professionnels ce qui était vrai..
Mais ils n’étaient pas rémunérés .

La rigueur et l’ascétisme transmise par l’inventeur de ce sport, le déjà cité, révérend et docteur en médecine James Naismith, convenait bien à la philosophie de cette association sportive crée dans les beaux quartiers par et pour des fils de bonne famille en mal d’éducation physique…Un peu comme la bande à James Naismith de 1991 quand il fut chargé par l’intendant Stebbins, de réchauffer leurs longues soirées d’hiver.
Le mois prochain, suite de la vie René Le Goff

Publié dans Grands Dirigeants

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